Suède : cette discrète amie

La politique africaine de la Suède est un modèle en la matière. Le pays figure parmi les plus généreux au vu des chiffres de l’Aide publique au développement (APD). Stockholm vient d’octroyer 32 millions de F CFA à quatre pays africains pour qu’ils puissent défendre leurs intérêts à Cancun, au Mexique, lors de la prochaine conférence ministérielle de l’OMC. Panorama de la présence suédoise en Afrique.

La Suède offre les tickets d’avion. Les délégations du Tchad, du Burkina Faso, du Mali et du Bénin vont pouvoir se rendre à Cancun au Mexique pour se prononcer une fois de plus contre les subventions qui arrosent les producteurs de coton des pays du Nord. La Suède a pris l’initiative de leur permettre de se présenter à la grand’messe du commerce orchestrée par l’OMC (Organisation mondiale du commerce). La Suède fait partie du quatuor de tête des nations les plus généreuses en matière d’aide publique au développement. Ou peut-être ne fait-elle que respecter ses engagements.

Elle a donné 0,8% de son PNB (Produit National Brut) en 2000 aux pays les plus démunis (les Etats-Unis et l’Allemagne sont les mauvais élèves du classement avec environ 0,25% du PNB). Loin des 1% promis par les nations occidentales. Néanmoins, le contribuable suédois donne plus de 200 euros par an pour l’aide au pays pauvres, alors qu’en France, qui possède le même PIB par habitant qu’en Suède, le contribuable en donne deux fois moins.

Recentrage de sa présence

La Suède est présente en Afrique depuis la fin du XIXe siècle. Des missionnaires sont installés dans la Corne de l’Afrique. Le pays participe plus tard à la lutte pour l’indépendance au Kenya et en Tanzanie et soutient les mouvements anti-apartheid. Cette aide est suivie d’une coopération avec les nouveaux gouvernements. Aujourd’hui, cela se traduit par une bonne implantation d’ambassades suédoises en Afrique australe et orientale ainsi que dans les pays lusophones.

En 1997-1998, un groupe de travail suédois appelé « Partnership Africa » a débouché sur l’idée que les nations occidentales ne pouvaient plus imposer des programmes de développement inapplicables en Afrique et que les états africains devaient prendre plus de responsabilités quant à la stratégie du développement de leur pays. La Suède souhaite aussi renforcer sa coopération avec l’Afrique de l’Ouest et centrale, notamment en installant une ambassade à Dakar (les autres ambassades de la région étant à Lagos et à Abidjan).

Stockholm-Kinshasa

Dernièrement, le gouvernement suédois a décidé de financer le retour volontaire des Congolais au pays en vue d’aider à la reconstruction nationale. Pour ce faire, il compte promouvoir et financer les projets personnels des candidats au retour. En échange, ces derniers doivent rendre leur titre de séjour suédois. Néanmoins, il leur est possible de le reprendre durant les trois années suivant le retour si la réinsertion est infructueuse.

La politique africaine suédoise fait partie des premières à avoir donné un sens au mot partenariat, avec la Norvège, le Danemark et les Pays-Bas, des pays majoritairement scandinaves. Elle s’inspire de son propre passé (déficit démocratique, inégalité des sexes et pauvreté) pour mieux repenser la coopération entre pays.