Soudan : qu’est devenu le pays un an après Bechir ?

Omar el-Béchir

Le 11 avril 2019, l’ancien chef d’Etat soudanais, Omar el-Bechir, se faisait renverser, après plusieurs mois de manifestations populaires. Dès lors, a démarré au Soudan un processus qui suit son cours. Il s’est, dans un premier temps, agi d’un accord pour le partage du pouvoir entre militaires et civils et désormais d’une transition assez complexe. Zoom sur le Soudan une année après Bechir.

Un pays en déroute

En dépit des efforts du gouvernement en place, les difficultés sont toujours présentes. Une inflation frappe de plein fouet le Soudan, avec des pénuries de carburant, de pain et de devises étrangères. Faisal Saleh, ministre et porte-parole du gouvernement, a tenu à rappeler que les autorités soudanaises ont récupéré un pays en état de crise profonde. Cette crise aurait été amplifiée par le refus des USA de retirer l’Etat soudanais du listing des nations soutenant le terrorisme, le privant ainsi de la possibilité de bénéficier de l’aide financière internationale.

Même si le nouveau gouvernement soudanais, tout de même plus aussi nouveau que ça, a fait savoir aux autorités américaines qu’il n’est pas responsable des actes terroristes en Tanzanie, au Kenya et au Yémen, la première puissance mondiale estime que le Soudan actuel ne mérite pas, du moins pour le moment, d’être blanchi des frasques d’Omar el-Bechir.

Chantiers prioritaires

Les autorités de transition, dans l’attente d’une normalisation internationale, se focalisent sur leurs chantiers prioritaires. L’objectif est de redresser, dans un premier temps, une économie écorchée dans tous ses compartiments, une mission rendue encore plus difficile par l’avènement du Covid-19, dont le Soudan n’est pas en marge. Depuis de nombreuses années, la cherté de la vie n’a eu de cesse de gagner en intensité, rendant difficile l’accès à des produits tels que les fruits, l’essence, les légumes, le pain et la viande.

Malgré une inflation effleurant les 70% et une livre soudanaise en chute libre, les salaires des travailleurs n’augmentent pas, obligeant de nombreux Soudanais à solliciter le soutien financier de leurs proches se trouvant à l’étranger. Faire la queue devant les boulangeries ou dans les stations-services pendant de longues heures est désormais partie intégrante du quotidien de ce peuple qui subit les affres de plusieurs années de guerre et d’une dictature dont les racines ont été coupées il y a à peine une année.

En outre, les autorités soudanaises ont à cœur d’œuvrer pour la stabilité politique du pays, toujours marqué par trois décennies d’une dictature de fer. Il faut régler, pour ce faire, l’épineux problème de l’incarcération du chef d’Etat déchu, Omar el-Bechir, et décider de ce qu’il doit advenir des anciens lieutenants qui ont été inculpés en même temps que lui pour les déboires sociaux qu’ils ont causés dans les années 2000 au Darfour.

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