Soudan : l’ancien Président Omar el-Béchir ne sera pas transféré à la Cour pénale internationale

Omar el-Béchir

L’information a été donnée par le général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’exécutif et leader du conseil souverain, le 22 novembre 2019. Cette affirmation a mis fin aux rumeurs d’une possible extradition d’Omar El-Béchir qui courent depuis quelques semaines d’un bout à l’autre du pays. L’ancien Président soudanais est visé par un mandat de la Cour pénale internationale (CPI) pour crime contre l’humanité, crime de guerre et génocide, au Darfour.

Ces dernières semaines, les appels pour demander le transfert de l’ancien Président Omar El-Béchir à la CPI se sont multipliés. Le général Al-Burhan vient de trancher : l’ancien président ne sera pas extradé. L’ambassadeur du Soudan à l’Organisation des Nations Unies affirme que le Soudan n’a aucune obligation envers la CPI. Khartoum n’a pas ratifié les accords de Rome, précise-t-il.

Il y a quelques semaines, le Premier ministre, Abdalla Hamdok, avait pourtant nourri les attentes lors d’une visite au Darfour. En réponse à la foule de réfugiés qui demandaient le transfert de tous les criminels de la guerre du Darfour vers la Cour pénale internationale, il a répondu avec stratégie. « Nous travaillerons tous ensemble pour satisfaire vos demandes et assurer un retour à une vie normale », a-t-il laissé entendre. La société civile a salué la diplomatie dont il a fait preuve lors de cette visite.

L’ancien Président Omar El-Béchir est jugé au Soudan pour corruption. Le verdict de cette poursuite est attendu en décembre 2019. Depuis deux semaines, il fait objet d’une nouvelle poursuite pour son implication dans le coup d’Etat qui l’a consacré président de la République il y a 30 ans. Il risque la prison à perpétuité ou la peine de mort.