Soudan du Sud : les combats s’intensifient à Malakal et Bentiu

Salva Kiir et Rieck Machar ont accepté de discuter. En attendant qu’une date soit fixée pour entamer les négociations, les combats perdurent dans cinq des dix Etats du Soudan du Sud.

Le Soudan du Sud, qui a basculé le 15 décembre dans l’anarchie, devrait voir arriver incessamment sous peu 6 000 casques supplémentaires et des moyens aériens, dont six hélicoptères de combat ou de transport et un avion C130, autorisés par l’ONU.

« Nous nous efforçons de livrer dans les 48 heures plusieurs éléments essentiels dont nous avons besoin », a déclaré depuis New York Hilde Johnson, Représentante Spéciale du Secrétaire général des Nations Unies au Sud Soudan, lors d’une conférence de presse.

En attendant, les combats continuent. Les forces du Président sus-soudanais, Salva Kiir, poursuivent leurs offensives contre les rebelles loyaux à l’ex-vice-Président Riek Machar, pour le contrôle de Malakal, capitale de l’Etat pétrolier du Haut-Nil, où les combats ont éclaté mercredi, dans cette ville-clé.

« Il y a des combats à Malakal. Nos forces sont au nord de Malakal et les rebelles au sud. Nous allons les dégager de Malakal », a déclaré jeudi à l’AFP le porte-parole de l’armée, Philip Aguer. Il a par ailleurs affirmé qu’une offensive se préparait à Bentiu, la capitale de l’Etat d’Unité, la principale région pétrolière du pays. « Les rebelles contrôlent toujours Bentiu, mais la SPLA (l’armée) se prépare à reprendre la ville bientôt », a affirmé M. Aguer.

Washington menace de lâcher Djouba

Les Etats-Unis ont été un soutien inconditionnel dans l’indépendance du Soudan du Sud, en juillet 2011. Cependant, l’administration d’Obama a menacé de cesser de soutenir le pays en cas de coup de force militaire. Et pour cause, les combats auraient causé la mort de plusieurs milliers de personnes, avance l’ONU qui a annoncé la découverte de charniers.

« Au moins 90 000 personnes ont été déplacées depuis dix jours, dont 58 000 se sont réfugiées sur les bases de l’ONU » à travers le pays, a expliqué mercredi le coordinateur humanitaire de l’ONU au Soudan du Sud, Toby Lanzer.

Salva Kiir et Riek Machar, rivaux depuis la nuit des temps, ont accepté d’entamer des pourparlers, mais sans fixer de date. Kiir accuse Machar d’avoir fomenté un coup d’Etat. Machar accuse Kiir de procéder à une purge pour éliminer ses rivaux, suite au gouvernement limogé en juillet dernier, dont faisait partie Riek Machar en tant que vice-Président.

Les deux ennemis ont entraîné, dans leur élan, leurs ethnies respectives. Les Dinka de Kiir, majoritaire dans le pays, sont entrés en combat contre les Nuer de Machar. Les observateurs craignent désormais que ces combats mutent en guerre civile.

Pour l’heure, cinq des dix Etats du pays sont touchés par les combats : ceux de Jonglei, d’Unité, d’Equateur central (Juba), mais aussi du Haut-Nil ou encore d’Equateur oriental.