Soudan du Sud : attaque contre un camp de déplacés, au moins 25 morts

Au Soudan du Sud, au moins 25 civils ont été tués et 120 autres blessés par des hommes armés portant des uniformes de l’armée gouvernementale qui ont attaqué un camp de déplacés géré par l’ONU.

Au moins 25 civils ont été tués et 120 autres blessés par des hommes armés portant des uniformes de l’armée gouvernementale qui ont attaqué un camp de déplacés géré par l’ONU au Soudan du Sud. Les faits se sont déroulés à la mi-février, ont indiqué, vendredi, les Nations Unies.

Dans un premier temps, l’ONU avait fait état de sept morts et une quarantaine de blessés dans l’attaque de ce camp, qui se trouve proche de la base onusienne de Malakal, capitale de l’Etat pétrolier du Haut-Nil, au nord-est. Pour sa part, l’ONG Médecins sans frontières avait évoqué au moins 18 morts et 90 blessés.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), dans un rapport publié vendredi, a détaillé le bilan humain et matériel de cette attaque, qui a laissé le camp dévasté, ajoutant que les informations selon lesquelles des soldats portant des uniformes de l’armée gouvernementale auraient pénétré dans les camp et tiré sur des civils sont crédibles.

3 700 abris pour des familles ont été détruits ou endommagés

L’ONU avait initialement affirmé que les violences avaient éclaté entre jeunes des deux communautés Dinka et Shilluk résidant dans le camp. Toujours selon Ocha, quelque 3 700 abris pour des familles ont été détruits ou endommagés dans les combats, ainsi que de nombreuses installations humanitaires, dont des cliniques, des réservoirs d’eau, des réfectoires et des écoles.

Plus de 47.500 personnes, qui cherchaient à fuir les combats de la guerre civile déclenchée en décembre 2013, vivaient à l’intérieur de ce camp, soit un quart des 200.000 civils réfugiés dans les six bases onusiennes du pays. Toujours selon l’ONG, des trois travailleurs humanitaires tués, deux travaillaient pour MSF. L’un a a été tué alors qu’il tentait de soigner un blessé.

Selon MSF, qui dit avoir traité 46 personnes pour des blessures par balles, « d’autres personnes qui ont essayé d’éteindre des feux ou d’aider des blessés ont été délibérément visée ». Les résidents, qui parlent de 46 personnes tuées, racontent que certaines sont mortes brûlées dans les feux sciemment déclenchés dans le camp, où les civils vivaient dans des quartiers distincts selon leur origine ethnique pour apaiser les tensions.

Selon l’Ocha, pendant l’attaque, environ 26 000 déplacés se sont réfugiés dans la base voisine de la Mission de l’ONU au Soudan du Sud (MINUSS), et près de 4 000 ont fui vers la ville de Malakal, où ils vivent dans des bâtiments publics ou des maisons abandonnées.