Soudan : des dizaines de morts dans des affrontements au Darfour


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Les affrontements tribaux dans la région du Darfour, au Soudan, ont fait au moins 83 morts, depuis samedi, selon un décompte du Comité central des médecins du Soudan (CCDS). Ces violences sont les plus meurtrières depuis la fin, le 31 décembre, de la mission de paix conjointe de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et de l’Union Africaine (UA) au Darfour.

Les affrontements tribaux dans la région du Darfour au Soudan entre la tribu Al Massalit et les nomades arabes, ont fait au moins 83 morts depuis samedi. Les milices armées, favorables aux nomades arabes, ont attaqué Al Geneina et plusieurs maisons ont été incendiées. Le Premier ministre, Abdallah Hamdok, a envoyé une délégation de « haut rang » au Darfour-Ouest pour tenter de rétablir l’ordre.

« Le nombre de morts suite aux événements sanglants qui se déroulent dans la ville d’al-Geneina a augmenté depuis samedi matin », a déclaré le CCSD, une branche locale du syndicat des médecins du pays, dans un communiqué sur Twitter.

Le Darfour connaît une recrudescence d’affrontements tribaux, qui ont déjà fait 15 morts et des dizaines de blessés, fin décembre, soit quelques jours avant la fin de la mission conjointe de paix de l’ONU et de l’UA, une opération de 13 ans. Le retrait progressif des troupes de cette mission, censé commencer en janvier 2021, sera étalé sur six mois. Le gouvernement soudanais prend ainsi la responsabilité de la protection des populations de la région.

Le conflit au Darfour a débuté en 2003, entre forces loyales au régime du général Omar El Béchir, à Khartoum et membres de minorités ethniques s’estimant marginalisés et réclamant une répartition plus équitable du pouvoir et des richesses. Les violences ont fait quelque 300 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU.

Pour lutter contre les insurgés, Khartoum a déployé les Janjawids, une milice armée composée essentiellement de nomades arabes, accusés de « nettoyage ethnique » et de viols. Des milliers de miliciens ont été, par la suite, incorporés dans les Forces de soutien rapides (RSF), un groupe paramilitaire.

Si les violences ont baissé d’intensité, les affrontements sont assez fréquents au sujet de l’accès à la terre et à l’eau, opposant éleveurs nomades arabes aux paysans darfouris. Le gouvernement soudanais de transition, mis en place après la chute d’El Béchir en avril 2019, sous la pression d’une contestation populaire, a signé, en octobre, un accord de paix avec plusieurs groupes rebelles, y compris au Darfour.

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