Sommet du millénaire : Annan l’africain

Le secrétaire général de l’ONU fronce les sourcils pour mettre les occidentaux devant leurs responsabilités. Face à un continent où conflits armés, pandémies et pauvreté s’étendent. Les problèmes que rencontrent les peuples du monde appellent des réponses de la communauté internationale tout entière, martèlera-t-il. Mais sera-t-il entendu ?

C’est certainement le sommet de chefs d’Etat le plus important de tous les temps. Sur les quelques 150 dirigeants présents en ce moment à New-York pour le sommet du millénaire réuni sous les auspices de l’ONU, un bon tiers sont africains. C’est dire si les problèmes du continent vont constituer les points d’orgue des discussions, que ce soit sous l’angle des rapports Nord/Sud ou celui des conflits armés et autres fléaux, tels que le sida, qui affectent le continent.

Le secrétaire général de l’ONU, le Ghanéen Kofi Annan croit aux opportunités de ce sommet du siècle pour faire avancer les principaux dossiers liés à l’Afrique. Il n’a pas hésité la veille même, à pointer l’objectif d’une réduction de 50% de la pauvreté mondiale d’ici quinze ans. Utopie réaliste pourvu que les dirigeants des  » peuples du monde (…) transforment leurs engagements en réalités concrètes « .

Le diplomate africain ne s’est pas privé, à l’occasion, de semoncer les politiques étrangères des grandes puissances, laissant entendre à qui de droit, qu’il espérait de ce sommet bien plus qu’une simple célébration. Annan a axé le sommet sur un rapport très ambitieux dont il est l’auteur, intitulé  » Nous les peuples « .

Egoïsme au Rwanda

Particulièrement critique à l’égard des pays occidentaux, il a fustigé l’esprit de la communauté internationale dans ses politiques d’intervention, tançant les grandes puissances qui, au Rwanda par exemple, n’étaient intervenues que pour évacuer leurs ressortissants, laissant 800 000 personnes se faire massacrer.

Le responsable des Nations Unies a aussi affirmé ne pas être satisfait des réponses données à ses nombreux appels à l’envoi de casques bleus en Sierra Leone. Et appelé à une politique mondiale de protection de l’environnement.