Sommet de la Francophonie : le combat des journalistes

En lever de rideau du Sommet de la Francophonie qui s’ouvre à Bucarest (Roumanie) le jeudi 28 septembre 2006, Hervé Bourges, le Président de l’Union de la Presse Francophone a mis en cause le mode de classement et de hiérarchisation de l’information sur Internet.

« La société de l’information n’est pas une société de journalistes » : tel est le constat dressé en présence du Rrésident Abdou Diouf, Secrétaire général de lOrganisation internationale de la Francophonie, par Hervé Bourges, tout juste réélu Président de l’Union internationale de la Presse Francophone (UPF), dans son discours de clôture des 38èmes Assises de la Presse Francophone réunies en « lever de rideau » du Sommet international de la Francophonie de Bucarest.

La Société de l’Information permet en effet l’explosion de multiples nouveaux médias, qu’Hervé Bourges qualifie de « médias directs » : les blogs, en particulier, ou les sites personnels qui donnent des informations sous la seule responsabilité de leurs éditeurs.

Le danger de la désinformation

Pour Hervé Bourges, la qualité de l’information circulant à l’intérieur d’une société tient à la rigueur et à la déontologie qui président à son élaboration et à sa distribution. Si ces principes, qui sont ceux du journalisme, ne sont pas appliqués, on risque tout simplement de voir se multiplier diffamations et fausses rumeurs, approximations et… désinformation.

Dès lors, Hervé Bourges a appelé à une réflexion juridique permettant de prolonger « les principes du journalisme francophone en direction des autres modes d’information », qui posent, somme toute, des problèmes classiques en Droit de la Presse : diffamation, corruption, partialité… Le but de l’UPF à travers ces recommandations : « provoquer une responsabilisation de l’ensemble de ces nouveaux vecteurs d’information et une prise de conscience critique de leurs utilisateurs ».

Google en ligne de mire?

Sur la hiérarchisation de l’information, le Président de l’UPF a directement mis en cause dans ses conclusions « la logique de Google », qui ne lui semble pas un gage de qualité de l’information : c’est à ses yeux la logique du « tout se vaut », induite par un algorithme de classement qui s’appuie prioritairement sur la « popularité » des pages lues. Cela risque d’entraîner, explique Hervé Bourges, une hiérarchisation des sujets qui privilégie « le sensationnel sur l’analyse, et la pensée unique sur l’expression originale ». De même, il redoute que cela provoque « une grégarisation croissante des contenus », qui écarterait « les informations qui émanent de communautés plus réduites, ou moins bien dotées en termes de médias ».

D’où un appel à la mobilisation des rédactions francophones, pour « un surcroît d’exigence » dans la hiérarchisation et la recherche de l’information, « qui ne doit pas être moutonnière, mais réfléchie ».

Tout un programme, auquel nous sommes habitués à souscrire, et dont nous ne nous détacherons pas… Sans renoncer dans cette tâche à recourir à l’aide de « Google » d’ailleurs…