Sommet arabo-africain : le Koweït octroie un milliard de dollars à l’Afrique

Les chefs d’Etat des pays arabes et africains se réunissent ces mardi et mercredi au Koweït, à l’occasion du 3e Sommet arabo-africain. Première décision majeure : le Koweït débloque un milliard de dollars de prêts à des pays africains.

Les dirigeants africains et arabes sont réunis depuis ce mardi matin au Koweït à l’occasion du 3e sommet arabo-africain. L’occasion pour l’Afrique et les pays du Proche et Moyen-Orient de promouvoir leurs relations économiques. En panne depuis 2010 suite au « Printemps arabe », ce sommet, placé sous le thème « Partenaires pour le développement et l’investissement », a repris de plus belle. L’émir du Koweït, Sheikh Sabah Al Ahmad al-Jabar Al-Sabah a annoncé dès l’ouverture du sommet que son pays versera un milliard de dollars (740,5 millions d’euros, environ 500 milliards de francs CFA) de prêts à faibles taux d’intérêt à des pays africains dans les cinq prochaines années. « J’ai ordonné aux responsables du Fonds koweïtien pour le Développement économique arabe d’accorder des prêts à faibles taux d’intérêt d’une valeur d’un milliard de dollars à l’Afrique durant les cinq prochaines années », a déclaré Sheikh Sabah.

Ce sont au total trente-quatre chefs d’Etat, sept Vice-présidents, trois Premier ministres et différentes délégations et organisations de 71 pays qui étaient attendus à ce sommet. Une série de mesures et de résolutions devraient être approuvées durant cet événement qui rassemble de riches monarchies pétrolières et des pays africains qui figurent parmi les plus pauvres au monde. Un marché commun afro-arabe pourrait voir le jour dans les prochaines années. Ce marché représente près de 1,2 milliard d’habitants. Cette probabilité sera en tout cas au centre des discussions pendant ces deux prochains jours.

L’Afrique en attente d’investissements

Autre objectif de cet important forum économique : développer le flux d’investissement vers l’Afrique. Le continent, qui dispose d’un énorme potentiel, souffre d’un déficit aigu d’investissement. Les participants à ce 3e sommet arabo-africain échangeront donc sur les différents moyens d’accélérer les investissements en Afrique. Selon la Banque mondiale, l’Afrique a besoin d’environ 30 milliards de dollars à investir dans les domaines de l’énergie et de l’électricité.

Le taux de croissance de 5% en 2012 devrait passer à 4,8% en 2013, d’après les estimations du Fonds monétaire international (FMI), avant de rebondir à 5,1% en 2014. Avec un sous-sol qui représente 12% des réserves mondiales de pétrole et 42% des gisements d’or ainsi que la récente découverte d’importantes quantités de gaz naturel au large des côtes est du continent, le continent a un potentiel économique non négligeable.

Un potentiel que les pays arabes entendent exploiter en partenariat avec l’Afrique dans le cadre de l’application de projets conjoints et en encourageant les investissements entre les deux régions. Un échange gagnant-gagnant qui passe notamment par la protection des travailleurs migrants africains dans les pays du Golfe. A ce titre, un comité de coordination afro-arabe sur la migration pour aider à protéger les travailleurs migrants est en cours d’étude.