Somalie : Mogadiscio sombre dans la violence

Les combats entre forces gouvernementales somaliennes et rebelles islamistes ont fait au moins une cinquantaine de morts ce week-end à Mogadiscio, capitale de la Somalie. Des pourparlers devraient s’engager prochainement à Djibouti. Mais la situation humanitaire reste toujours aussi critique.

Les combats entre la rébellion islamiste et les forces gouvernementales somaliennes, soutenues par l’armée éthiopienne, ont fait au moins 56 morts, ce week-end, dans la capitale somalienne, Mogadiscio, selon un dernier décompte établi par l’Agence France Presse (AFP). Selon le chef d’Elman Human Rights, ONG locale qui recense les victimes auprès des morgues et des hôpitaux, les violences ont fait au moins 81 morts et 119 blessés. Les victimes sont majoritairement des civils. Des milliers de personnes ont dû fuir les violences. Selon la population locale, ce sont les pires affrontements que la capitale ait connus depuis des mois.

Les combats les plus violents se sont déroulés dans la partie du nord de la capitale, fief des insurgés. Le Premier ministre somalien Nour Hassan Hussein a appelé, lors d’une conférence de presse dimanche, au dialogue avec les rebelles. Cependant, il n’hésiterait pas à employer la force pour se défendre. « Notre objectif est de rétablir l’Etat de droit par la réconciliation et les moyens pacifiques ». « Cela ne signifie pas que nos soldats et ceux de notre alliée l’Ethiopie ne se défendront pas alors qu’ils sont constamment attaqués », a-t-il ajouté. « Il faut faire la guerre à tous ceux qui favorisent la violence ».

Vers une reprise du dialogue ?

En visite mercredi dernier à New York, le président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed a appelé le Conseil de sécurité à déployer une force dans son pays. Celle-ci viserait à remplacer l’Amisom, la force de paix de l’Union africaine déployée depuis mars 2007 à Mogadiscio. Majoritairement composée de troupes éthiopiennes, la force africaine manque de moyens et d’hommes. Après discussions en mars dernier, l’ONU pourrait revenir en Somalie progressivement en déployant une force de 28 500 hommes mais sous certaines conditions : « un processus viable et non exclusif et un accord de cessation des hostilités » doivent exister.

Selon l’Agence de Presse Africaine (APA), des pourparlers inter-somaliens auront lieu à Djibouti en mai prochain, sous l’égide des Nations Unies qui s’activent à faire asseoir autour de la même table les parties somaliennes en conflit. Le Premier ministre Nour Hussein Hassan, et une délégation de l’Alliance pour la Re-libération de la Somalie, conduite par Sheikh Sharif Sheikh Ahmed, seraient présents. En effet, une partie de l’opposition somalienne s’est déclarée prête à discuter avec le gouvernement sans fixer de conditions préalables. Jusque là, l’opposition soutenait qu’aucune discussion n’était possible tant que l’armée éthiopienne se trouverait en Somalie. Une bonne nouvelle pour le gouvernement qui s’est dit ravi de leurs propos.

Depuis la chute du dictateur Siad Barre en 1991, la guerre civile fait rage et le pays n’a toujours pas de gouvernement central. C’est dans ce contexte que les milices des Tribunaux islamiques ont pris le pouvoir en juin 2006 avant d’en être chassées en décembre 2006-janvier 2007 par les forces éthiopiennes. Depuis, les attaques sont devenues quasi-quotidiennes à Mogadiscio et ses environs, les rebelles tentant de reprendre le contrôle des territoires perdus. Ils sont aidés en cela par l’ennemi juré de l’Ethiopie, l’Erythrée.

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