Somalie : les Etats-Unis attaquent al-Qaïda

Les Etats-Unis ont lancé des frappes aériennes, lundi après-midi, dans le Sud de la Somalie, contre des responsables présumés du mouvement terroriste al-Qaïda en Afrique de l’Est. Selon le gouvernement somalien, « beaucoup de gens ont été tués ». Mais on ne sait pas si les cibles ont été atteintes.

Les Etats-Unis replongent dans l’« enfer » somalien. En 1993, à Mogadiscio, ils ont perdu 18 militaires dans la chute de deux hélicoptères que des miliciens avaient abattus et dans les combats qui ont suivi. Ils ont dû se retirer en 1994 et ont gardé en mémoire une défaite cuisante. Cependant, les Américains, qui patrouillaient le long des côtes de Somalie à la recherche d’islamistes en fuite, sont de nouveau intervenus lundi. Selon plusieurs médias, un avion AC-130 lourdement armé de mitrailleuses a quitté le Commandement des opérations spéciales américaines basé à Djibouti pour mener un raid aérien dans le Sud somalien.

Lors de la déroute des islamistes, orchestrée par le gouvernement de transition somalien et l’Ethiopie, des drones (avions sans pilote) ont suivi les fuyards, dont les cibles de l’opération américaine. « Parmi les cibles figuraient le leader d’Al-Qaïda dans la Corne de l’Afrique (Fazul Abdullah Mohammed, ndlr) et un responsable du réseau recherché pour sa participation aux attaques terroristes contre les deux ambassades américaines », a expliqué la chaîne américaine CBS. Les deux représentations diplomatiques étasuniennes avaient été visées en 1998 à Nairobi (Kenya) et Dar es-Salaam (Tanzanie), qui avaient fait plus de 220 morts.

« Beaucoup de gens ont été tués »

« Nous savons qu’un avion américain a mené une attaque contre des cibles d’al-Qaïda dans le sud de la Somalie, hier après-midi. La cible était un petit village, Badel, où les terroristes se cachaient. L’avion a frappé la cible exacte. Beaucoup de gens ont été tués. Beaucoup de cadavres étaient étendus dans la zone, mais nous ne savons pas qui. Mais le raid a été un succès », a confirmé à l’AFP le porte-parole du gouvernement, Abdirahman Dinari, dont le gouvernement soutient l’intervention américaine. Impossible donc de savoir pour le moment si les personnes visées par les Etats-Unis font partie des victimes.

Les Etats-Unis recherchent depuis des années ces cibles, qui pour certaines joueraient un rôle important au sein de l’Union des tribunaux islamiques. Ils font également valoir leur crainte d’une hausse présumée du recrutement de futurs terroristes. D’où la prime de 5 millions de dollars pour quiconque fournira une information pouvant permettre la capture et l’inculpation des hommes sur la liste noire américaine. Une somme qui monte à 25 millions de dollars en ce qui concerne Ayman al-Zawahri, le numéro deux d’al-Qaïda.