Somalie : des soldats de l’Amisom accusés de viol colletif

Des soldats des forces de l’Union africaine en Somalie sont accusés d’avoir commis un viol collectif sur une jeune fille. Une enquête a été ouverte ce jeudi.

La Force de l’Union africaine en Somalie (Amisom) secouée par des accusations de viol portées contre ses soldats. Une victime, dont l’âge n’a pas été précisée, a semble-t-il été enlevée, droguée et violée à plusieurs reprises par des militaires de l’Amisom et des soldats de l’armée somalienne. Le crime a eu lieu début août à Maslah, une zone de la banlieue nord de Mogadiscio, reprise en mars 2012 aux islamistes shebab, par le plus important contingent, celui des Ougandais. L’Amisom a annoncé ce jeudi avoir ouvert une enquête. « L’Amisom est au courant des accusations portées contre ses soldats », a indiqué la Force africaine dans un communiqué.

Dans son communiqué, l’Amisom, qui compte 17 700 soldats issus de contingents de cinq pays africains, « condamne fermement tout fait de présumés abus et/ou exploitation sexuels ». Une équipe d’enquêteurs a été diligentée pour établir les faits à la suite desquels « des mesures appropriées seront prises ».

La réputation de l’Amisom en jeu

Dans ce pays touché par une guerre civile depuis la chute du Président Barre en 1991, l’affaire choque l’opinion publique. Les soldats de l’Amisom censés apporter leur aide aux Somaliens pourraient perdre la réputation de protecteurs qu’ils avaient gagné auprès des populations. En effet, ces dernières n’ont pas confiance en leur « armée nationale », accusée à plusieurs reprises d’abus contre des femmes, y compris des viols.

En février dernier, une femme s’est dite victime de viol par des soldats de l’armée somalienne. Elle s’était confiée à un journaliste. Ce qui lui a valu à elle ainsi qu’au journaliste qui a relaté l’histoire la prison ferme pour « outrage aux institutions ». La levée de bouclier provoquée par la Communauté internationale avait mis dans l’embarras les autorités locales. La justice avait dû faire marche arrière et annuler ces condamnations.

En cas de faits avérés, l’affaire largement suivie par les médias locaux plomberait sans nul doute la réputation « sérieuse » de l’Amisom.