Solidarité en ligne entre l’Italie et l’Afrique

Un portail d’informations italien dédie une rubrique aux causes humanitaires. Une collecte de fonds est à l’appui.

Netéconomie et valeurs humanitaires peuvent-elles se concilier ? Oui, à en croire l’initiative de la société italienne Monrifnet, la filiale internet du groupe de presse Monrif e Poligrafici Editoriale qui édite, entre autres, deux grands quotidiens du nord de l’Italie, Il Giorno et La Nazione. Monrif a lancé en juillet dernier sur son portail d’informations, Monrif.net, une rubrique intitulée  » Solidarité on line « .

Premier projet au programme : sensibiliser l’opinion publique et venir en aide aux populations de la Corne d’Afrique. Comment ? Tout d’abord par le biais de  » Sos Africa « , rubrique d’informations en temps réel, agrémentée de reportages écrits et vidéos, réalisés par des envoyés spéciaux. Ensuite, en organisant en partenariat avec la Croix rouge italienne, un appel à la solidarité pour collecter 100 000 dollars de fonds : les internautes peuvent verser de l’argent directement sur le compte de la Monrifnet qui le reversera à la Croix rouge. Objectif : acheter et envoyer les aliments de première nécessité en Ethiopie et en Erythrée.

Pour mettre en confiance les Internautes et rassurer les âmes récalcitrantes, le site a tout prévu. Des webcamers filmeront toutes les opérations sur place comme l’arrivée des aliments et leur distribution sur place auprès des familles. Autre point fort du site : chaque fois qu’un internaute clique sur la page consacrée à la collecte de fonds, la Monrif verse automatiquement 0,25 euros en faveur de la corne d’Afrique. Et cette somme s’affiche également en temps réel à l’écran.

Liberté de presse

L’idée est née d’une campagne que Monrifnet avait lancée en octobre 1999, pour aider un jeune adolescent italien complètement paralysé qui se servait du Net pour étudier et communiquer avec les autres.  » Nous sommes partis en campagne pour mobiliser les Italiens et le ministère de la Santé, raconte Marco Pratelesi, directeur de Monrifnet. Et contre toute attente, nous avons reçu des milliers d’e-mails de soutiens. Au bout de six mois, nous avons obtenu, de la part d’une compagnie de téléphone italienne, la gratuité de l’accès à Internet pour ce jeune garçon, afin qu’il puisse poursuivre ses études.  »

De là à défendre les grandes causes, il n’y avait qu’un click à mettre en place.  » Nous voulons aller au-delà de l’événement médiatique couvert par tous les journalistes, poursuit Marco Pratellesa.. Mettre en  » une  » l’Ethiopie pendant 15 jours alors que les journaux traditionnels n’en parleront que deux jours, c’est cela notre force et notre liberté de presse, au sens premier du terme. A l’heure actuelle, seul le Net nous le permet.  »