Slimane Azem, maître de la chanson kabyle

Slimane Azem est considéré comme le plus grand chanteur kabyle, vénéré par tous ceux qui suivront : Aït Menguellet, Idir…. Le malheur des temps, une compilation de ses meilleurs titres vient de paraître chez Creativ Productions.

Né en 1918 en Haute-Kabylie, dans une famille pauvre, il émigre en France en 1937, et s’installe à Longwy, où il est ouvrier: manœuvre, électricien,… Mobilisé par les Allemands pendant la guerre, il est libéré en 1945. Il ouvre alors un café à Paris, dans le XV° arrondissement, et commence à chanter, s’accompagnant à la guitare, ses compositions, devant ses clients et amis berbères. La chanson « A Muh a Muh », qui dénonce les conditions de vie des émigrés, devient un succès dans la communauté kabyle. En 1948, Mme Sauviat, disquaire de musiques maghrébines à Barbès (la maison Sauviat existe toujours, au même endroit à Barbès) présente Slimane Azem à Pathé Marconi, où il enregistre les premiers disques d’une carrière longue de près d’un demi-siècle.

Militant de l’indépendance algérienne et de l’identité berbère

Rentré en Kabylie dans les années 50, en pleine guerre d’Algérie, il y compose plusieurs chansons engagées contre l’occupation française, notamment, en 1956, « Ffey A ya jrad tamurt iw » (Criquets, sortez de mon pays), aussitôt un succès. Revenu en France après l’Indépendance, il est très critique vis-à-vis du régime algérien, qui réprime alors l’identité berbère, et il sera interdit d’antenne en Algérie de 1967 à 1968 – ce qui n’empêche pas sa chanson « Ghef taqbaylit yli was » (Le jour se lève sur la langue berbère) de devenir un hit en Kabylie. Dans les années 70, les chansons de Slimane Azem sont dans tous les cafés berbères de France, et on peut les écouter alors, pour 50 centimes, sur les Scopiton – juke-boxes de l’époque qui permettaient de visionner des clips. D’autres chansons le rendront inoubliables aux yeux non seulement des Kabyles, mais de tous les Algériens, notamment « Algérie mon beau pays », chantée en français. Il est décédé en 1983 à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, où il avait fini par s’installer, devenant cultivateur tout en poursuivant enregistrements et tournées.

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