Situation toujours explosive dans la région du Darfour

La situation dans la province du Darfour (ouest du Soudan) est toujours explosive avec des pillages constants, des attaques contre les civils et le sentiment d’insécurité entretenu par les milices arabes à cheval, les Djandjawids, déclare l’ONG américaine « Human Rights Watch ».

Dans son dernier rapport rendu public lundi, l’organisation
humanitaire indique que la situation au Darfour reste explosive malgré les efforts des troupes de l’Union africaine (UA) qui, note-t-elle, « jouent un rôle important, mais risquent d’être débordées par les évènements ».

« L’UA a joué un rôle important pour renforcer la sécurité et la liberté de circulation des civils du Darfour. Mais cette situation inacceptable va prévaloir indéfiniment ou empirer, au point de devenir incontrôlable, à moins que le gouvernement ne prenne des mesures », souligne le rapport.

HRW demande aussi que les officiels soudanais figurant sur la liste des sanctions de l’ONU fassent l’objet d’une enquête pour crimes contre l’humanité au Darfour et subissent ces sanctions.

Ce rapport a été publié avant les prochaines discussions du
Conseil de sécurité de l’ONU sur le Darfour. Le procureur du Tribunal pénal international doit, ce lundi, informer le Conseil sur l’enquête du tribunal sur les atrocités commises au Darfour.

Crimes de guerre et des crimes contre l’humanité

Le rapport de 85 pages intitulé « Instaurer l’impunité:
Responsabilité du gouvernement dans les crimes internationaux au Darfour », décrit le rôle de plus d’une dizaine de responsables civils et militaires dans l’utilisation et la coordination des milices djandjawids et des forces armées soudanaises pour commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité au Darfour depuis la mi-2003.

« Les attaques systématiques contre les civils au Darfour ont été accompagnées d’une impunité policière totale pour tous les responsables de ces crimes », déclare Peter Takirambude, le directeur pour l’Afrique de Human Rights Watch.

L’organisation de défense des droits de l’Homme demande aussi au Conseil de sécurité d’accorder plus de soutien à la Mission de l’Union africaine au Soudan (AMIS), qui a déployé près de 7.000 hommes au Darfour et pour que l’AMIS protège activement les civils au Darfour.

L’Union africaine ne fournit pas seulement des troupes au
Darfour, elle négocie un accord de paix entre le gouvernement soudanais et les groupes rebelles du Darfour.