« Simu ya Solar », un mobile vert au Kenya

Au centre et en retrait, Michael Joseph

Un téléphone solaire circule au Kenya depuis le 12 août dernier. Son nom : « Simu ya Solar ». Il est commercialisé par l’opérateur de téléphonie mobile Safaricom. Une première mondiale, selon l’entreprise kényane.

Le téléphone qui se chargeait au soleil a élu domicile au Kenya grâce à l’opérateur mobile Safaricom. L’innovation répond à la fois au désir de la firme d’être plus attentive aux questions environnementales et aux problèmes de fourniture en électricité que connaît le Kenya à cause de la sècheresse.

solar_phone.jpg Selon le patron de Safaricom, Michael Joseph, ce téléphone sera « utile en particulier dans les zones rurales où le réseau électrique est absent et dans les zones urbaines, qui doivent faire face à un rationnement de l’électricité ». Beaucoup de Kényans reçoivent l’électricité deux ou trois jours par semaine dans le cadre de cette politique. La rareté et la cherté du courant électrique devraient être favorables aux ventes du ZTE S312 mis au point par la firme chinoise ZTE.

Ecologique et pas cher

« L’énergie solaire est la meilleure façon d’aller vers ce qui est bon marché, vert et renouvelable », estime Michael Joseph. Safaricom commercialise le téléphone à un prix « abordable » : 2 999 shillings kényans, soit environ 30 euros. « Simu ya Solar »a été fabriqué à partir de composants recyclés. Il est livré avec un chargeur électrique classique et bénéficie d’une garantie d’un an. Pour Michael Joseph, « le mobile pourrait facilement être disponible dans d’autres pays si on fait appel au même vendeur, ZTE ».

Michael Joseph : « C’est un produit idéal au Kenya »

Au centre et en retrait, Michael JosephAfrik.com : Que signifie « Simu ya Solar » ?

Michael Joseph :
Téléphone solaire en « sheng », un argot urbain qui est un mélange d’anglais et de swahili, la lingua franca du Kenya

Afrik.com : Comment fonctionne le téléphone ?

Michael Joseph :
Le téléphone dispose d’un panneau solaire à l’arrière et se charge à l’énergie solaire par temps couvert ou ensoleillé. Le téléphone peut être totalement rechargé entre 8 et 15 heures, selon les conditions climatiques. Une heure de charge permet de disposer de 5 à 15 minutes de temps de parole, encore une fois, en fonction des conditions climatiques.

Afrik.com : Depuis quand pensez-vous à un tel appareil ?

Michael Joseph :
La demande pour un téléphone solaire est exprimée depuis un certain temps. Cependant, nous sommes la première entreprise au niveau mondial à le commercialiser. Il a été produit dans le cadre d’un partenariat avec la firme chinoise ZTE.

Afrik.com : En quoi convient-il aujourd’hui au Kenya ?

Michael Joseph :
Le téléphone solaire ne nécessite pas d’électricité. Il répond donc aux besoins en matière de téléphonie des personnes qui n’y ont pas accès. Certains doivent parcourir de longues distances pour recharger leurs téléphones, un service ponctuel pour lequel ils doivent s’acquitter d’une redevance de 50 shillings. Le téléphone solaire leur permet d’utiliser leur téléphone tout le temps. C’est un produit idéal au Kenya, où une grande partie de la population vit dans les zones rurales sans électricité. Ce mobile répond également aux attentes des citadins, dont la plupart vivent dans des bidonvilles. Le Kenya, dont l’énergie est produite par des barrages hydrauliques, subit actuellement une grave sécheresse. Le déficit énergétique a conduit à une politique de rationnement. Le produit est donc bienvenu, même pour ceux qui bénéficient d’une fourniture en électricité.

Afrik.com : Le téléphone est disponible depuis quelques jours. Quelle est la réaction des Kényans ?

Michael Joseph :
Les clients sont très excités et nous enregistrons d’importantes ventes. Le prix n’est pas un problème. A 2 999 shillings, il est abordable pour la plupart des Kényans. Les boutiques de téléphones mobiles sont également enthousiastes de proposer le téléphone solaire, gage de popularité parmi les consommateurs.

Afrik.com : Que fait votre entreprise pour être écologique tout en répondant aux besoins de ses clients ?

Michael Joseph :
Nous sommes en train de nous préparer à la mise en place d’un système de management environnemental ISO 14 001. Cette démarche nous permettra d’atténuer les impacts négatifs de notre activité dans la mesure du possible. Mais déjà, par exemple, 60 des émetteurs-récepteurs de nos stations de base fonctionnent à l’énergie renouvelable, éolienne et solaire notamment. Ce nombre est appelé à croître… Safaricom propose aussi des services verts à ses clients. Un exemple : notre système de transfert d’argent M-Pesa, également une première mondiale saluée à travers le monde. C’est une façon pratique et sans support papier de recevoir et d’envoyer de l’argent.