Sierra Leone : le chef des rebelles craint pour ses diamants

La perspective d’une mise sous tutelle internationale des mines de diamant contrôlées par le mouvement rebelle (RUF), aurait poussé celui-ci à affronter l’ONU.

Quelle mouche a piqué Sankoh ? En prenant un demi-millier de Casques bleus et fonctionnaires de l’ONU en otage, le responsable du Front révolutionnaire uni (RUF), rallume la guerre civile en Sierra Leone alors qu’il avait signé les accords de paix de Lomé en juillet 1999, et se met la communauté internationale à dos. La réponse, connue de tous les diplomates onusiens, a été livrée sur la place publique par le ministre canadien des Affaires Etrangères, Lloyd Axworthy : les diamants.

Plus précisément les régions frontalières de l’Est du pays, riches du précieux minerai qui constitue le nerf de la guerre du mouvement de Foday Sankoh. Celui-ci n’a accepté de signer un accord de paix qu’en échange de l’impunité, d’un poste de vice-président et de la mainmise sur les richesses minières.

Le ministre des Affaires Etrangères canadien, de retour d’une tournée dans la région a laissé entendre que l’irruption des troupes de l’ONU dans ces régions contrôlées par le RUF aurait agi comme un véritable détonateur.

 » Maladresse « 

Au siège de l’ONU à New York, les sources diplomatiques démentent la déclaration  » maladroite «  du ministre canadien. Ces mêmes sources affirment catégoriquement qu’« il n’y a pas le moindre casque bleu déployés dans ces régions « .

Durant les huit ans d’une guerre civile qui fit 50 000 morts, les combats les plus acharnés ont eu lieu près de la frontière libérienne où sont concentrées la plupart des mines de diamants.

Le Libéria constitue pour Foday Sankoh et ses troupes, plus qu’une base arrière. Avant de porter le feu dans sa patrie d’origine, l’ancien caporal de l’armée britannique a été le bras droit de Charles Taylor, actuel président du Libéria, dans le conflit qui a permis à celui-ci d’accéder au pouvoir.

Nombres de pierres qui parviennent au centre d’Anvers, n’auraient de Libériennes que le nom, au vu des faibles capacités de production de ce pays. Selon le Monde Diplomatique, le nombre de carats vendus à la Belgique par le Liberia serait passé de 150 000 à 2, 5 millions en deux ans. C’est dire si la force de maintien de la paix en Sierra Leone, la Minusil, voit en Charles Taylor un partenaire sujet à caution.