Sida : l’Afrique subsaharienne, entre espoir et fatalité

Une conférence internationale sur le sida s’est tenue du 22 au 27 juillet 2012 à Washington. Malgré une amélioration dans la lutte contre l’épidémie en Afrique subsaharienne, la situation en République démocratique du Congo (RDC) inquiète. L’ONG Médecins sans frontière (MSF) cherche à alerter l’opinion internationale.

L’objectif de la XIXe conférence internationale sur le SIDA, organisée entre le 22 et le 27 juillet 2012 à Washington, était de renverser le cours de l’épidémie. 20 000 chercheurs, membres d’ONG et responsables politiques se sont réunis afin de trouver des solutions à ce fléau.

Il est maintenant question de faire en sorte que les 34 millions de personnes infectées par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), aient davantage accès à des anti rétro viraux. Ces traitements ralentissent la progression de la maladie tout en réduisant les risques de transmission. En effet, seuls huit des quinze millions de patients des régions pauvres ont accès à des antirétroviraux. Certains chercheurs, comme Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine 2008, pensent même que la découverte d’un remède efficace est possible.

Selon un rapport d’ONUSIDA de 2011, l’Afrique subsaharienne est toujours la région du monde la plus durement touchée par la pandémie : 68% des 34 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA. Alors que cette zone ne représente que 12 % de la population mondiale et que seulement 70% des nouvelles infections y sont déclarées. En dépit d’une amélioration notable de la situation ces dernières années, l’Afrique subsaharienne reste en danger.

La RDC inquiète l’ONG Médecins sans frontières (MSF)

La République démocratique du Congo (RDC) est l’un des pays où la baisse de la pandémie est la moins palpable en Afrique subsaharienne. Médecins sans frontières (MSF) estime à 350 000 le nombre de séropositifs congolais qui nécessitent des antirétroviraux. En effet, seulement 44 000 reçoivent actuellement le traitement.

Le Docteur Anja de Weggheileire, coordinatrice médicale de MSF à Kinshasa, n’est guère enthousiaste après la conférence de Washington. Elle a constaté là-bas, en échangeant avec des responsables d’ONG, le retard de son pays dans la prise en charge de la maladie : « Quand on voit la situation actuelle en RDC, on est plus de dix ans en arrière. Au niveau du pays ce sont plus ou moins seulement 11% des services publics qui offrent actuellement des services VIH. En réalité on sait aussi que tous n’ont pas les moyens actuellement. », a rapporté RFI.

Paradoxalement, la RDC reçoit moins d’aide internationale parce que son taux de prévalence est relativement bas. Or, 2,5 % de la population congolaise correspond à plus d’un million d’individus. En masse de personnes, cela revient à l’ensemble des séropositifs du Zimbabwe, pays au taux de prévalence très élevé. MSF fait donc tout pour attirer l’attention sur la RDC, oubliée par les bailleurs de fonds. La route est encore longue.

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