Sida : des hommes politiques africains se font dépister publiquement

Le président sud-africain Jacob Zuma a récemment lancé l’une des plus ambitieuses campagnes de conseil et dépistage volontaires (CDV) de l’histoire en révélant publiquement qu’il était séronégatif. Des ministres et de hauts responsables provinciaux ont suivi son exemple, mais les hommes politiques africains n’ont pas toujours été aussi disposés à aborder le sujet en public. IRIN/PlusNews retrace l’histoire de ceux qui ont passé le test.

2001 – Le président du Botswana, Festus Mogae, est l’un des premiers à se soumettre publiquement au dépistage du VIH. Il encourage également les ministres et les parlementaires à l’imiter.

2002 – Le président de la Zambie, Kenneth Kaunda, fait les gros titres des journaux en acceptant de se soumettre au test de dépistage. Comme M. Mogae, il profite de l’occasion pour rallier d’autres personnes à la cause. Dans les années 1980, M. Kaunda a perdu un fils à la suite de complications liées au VIH. Il a par la suite créé la Fondation Kenneth Kaunda Children of Africa, qui s’occupe d’écoles pour les orphelins du sida.

2004 – Le président du Malawi, Bakili Muluzi, affirme publiquement s’être soumis à un test de dépistage. Il raconte également avoir perdu son frère des suites d’une maladie liée au sida.

Le président ougandais Yoweri Museveni refuse de se soumettre au test de dépistage, mais quelques mois plus tard, 12 parlementaires ougandais participent à une campagne de dépistage nationale intitulée « It’s better to know » [Il est préférable de savoir].

À l’occasion de la Journée mondiale du sida, plusieurs personnalités éthiopiennes se sont portées volontaires pour le dépistage, notamment l’épouse du Premier ministre Meles Zenawi, Azeb Mesfin, qui a révélé que son mari s’était lui aussi soumis au test, la secrétaire d’État aux finances et au développement économique Mulu Ketsala et l’ambassadrice américaine en Éthiopie, Aurelia Brazeal.

2006 – Selon l’hebdomadaire britannique The Sunday Telegraph, la vice-ministre de la Santé sud-africaine Nozizwe Madlala-Routledge aurait suggéré au président Thabo Mbeki de se soumettre publiquement au test de dépistage du VIH. Mme Madlala-Routledge dément avoir mentionné M. Mbeki en particulier mais dit estimer que les dirigeants devraient donner l’exemple. Selon plusieurs personnes, son licenciement, un an plus tard, serait lié à des conflits au sujet du VIH/SIDA avec l’administration Mbeki, et notamment avec la ministre controversée de la Santé Manto Tshabalala-Msimang.

Le sénateur américain Barack Obama et sa femme Michelle se soumettent au test de dépistage du VIH à Kisumu, la capitale de la province de Nyanza, au Kenya, où est né le père de M. Obama. « Si un sénateur américain peut être dépisté, tout le monde peut être dépisté », aurait-il dit à l’époque.

À l’occasion de la Journée mondiale du sida, le vice-président soudanais Riek Machar accepte de se soumettre au test dans l’espoir d’améliorer les résultats des campagnes de conseil et dépistage volontaires. Seul un pour cent des Sud-Soudanais ont été dépistés. Au Nigeria, le président Olusegun Obasanjo lui emboîte le pas.

2007 – Pour le lancement de la campagne nationale en faveur du dépistage du VIH, en juillet, le président tanzanien Jakaya Kikwete et son épouse, le Premier ministre Edward Lowassa et sa femme ainsi que plusieurs autres ministres, 100 parlementaires et de nombreuses autres personnalités publiques se soumettent au test. On estime à 4,1 millions le nombre de Tanzaniens qui ont été dépistés pendant les six mois qu’a duré la campagne.

2010 – L’Afrique du Sud lance une campagne massive en faveur du dépistage qui a pour but de dépister 15 millions de personnes en l’espace d’environ 13 mois. Le président Jacob Zuma révèle le résultat de son quatrième test de dépistage.