Si l’artisanat m’était surfé

Artisanat du Burkina Faso informe les amoureux de l’art ouest-africain, mais, surtout, leur offre la possibilité d’acquérir des œuvres en ligne. Seul hic, le site, très bien agencé, reste peu connu des artisans eux-mêmes, ce qui mine la promotion de leur art. Visite guidée.

L’artisanat ouest-africain vous attire et vous avez un faible pour les œuvres burkinabés ? Il n’y a qu’à cliquer sur Artisanat du Burkina Faso. Ce site dynamique, clair et très illustré vous informe sur l’actualité de l’artisanat et offre de nombreux services, dont la commande d’articles en ligne. Seul problème, bien des artisans non connectés à Internet ne sont pas au courant de son existence.

Dès la page de présentation, le concepteur du site donne le ton : un portail riche et coloré doté d’une navigation facile et sur lequel on peut surfer en français ou en anglais. De quoi toucher un maximum d’internautes. En page d’accueil, le best of de l’artisanat africain du mois est sous les feux de la rampe, avec un zoom sur « l’artisan du mois », les « objets du mois » et le « thème du mois ». En prime, un sujet fort de l’actualité du monde artisanal est développé. Avec en fin d’article les événements culturels en prévision et les liens quasi directs sur les principaux musées du pays.

130 articles sur catalogue

Pour ceux qui seraient intéressés par l’acquisition d’objet d’art, le site propose dans la rubrique « Catalogue » une série d’articles à choisir en même temps que la matière voulue. Mais comme souvent la recherche pointue abouti à « 0 éléments trouvé », mieux vaut sélectionner dans les options tout type d’objet, de matériau et d’origine. Ainsi, les 130 articles du catalogues s’offrent à vous. En cliquant sur un objet, une photo présente la marchandise classée selon le type d’artisanat (instrument de musique, vêtement, maroquinerie, bijoux, meubles, etc).

A droite de la photo, une description, le nom de l’artiste et la date de fabrication, l’origine (Burkina Faso, Guinée, Bénin et Niger), la matière et le prix (en FCFA, euro et dollar). Sous le cliché : les coordonnées de l’artiste. Son numéro de téléphone, adresse physique et Internet et fax (si il existe), ses heures de disponibilité et les langues qu’il parle. D’autres de ses productions peuvent être accessibles avec la tarification. Des photos de ces hommes et femmes au travail sont également exposées. Une qualité d’exposition qui se paie. « Pendant les essais, les artisans étaient présents gratuitement. Mais ils doivent maintenant payer un droit de présence de 20 000 FCFA par an. Il leur donne la possibilité d’avoir jusqu’à dix objets présentés en même temps et d’échanger ceux qui ont été vendus contre d’autres », explique Boubacar Ouedraogo, webmaster et attaché de projet multimedia à la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat du Burkina Faso (CCIABF).

Acheter serein

Pour garantir la qualité des œuvres listées et le sérieux de l’initiative, une mention apparaît au bas de la plupart des pages web : « Les objets présentés dans ce catalogue sont des œuvres originales de nos artisans et sont soumis à la réglementation sur les Droits d’Auteurs, moraux et intellectuels ». Il existe aussi la possibilité de joindre des professionnels burkinabés, qui évoluent seuls ou en entreprise. Leurs contacts et photos ou logo sont aussi disponibles.

Autant de facteurs qui permettent aux acheteurs potentiels d’avoir le sentiment de traiter quasi-directement. Rassurés, les internautes intéressés n’auront qu’à transmettre leur requête, par le biais de la rubrique « Opportunités ». Avec la garantie d’une réponse donnée dans les plus brefs délais. « Les demandes viennent des Etats-Unis, du Canada, des Africains qui travaillent en Europe, des galeries mais aussi des pays scandinaves. En ce qui concerne l’Afrique, il n’y a pas beaucoup de demandes, sauf de la part de négociants qui achètent pour établir un relais entre le continent et la France. Mais les artisans restent très discrets sur leurs ventes et nous n’avons que peu de retour sur les transactions », commente Boubacar Ouedraogo.

L’un des problèmes qui retarde la promotion des artisans du pays est leur inégalité face à l’accès à Internet. « Les régions où Internet n’est pas très développé, il est difficile de diffuser l’existence du site », explique Boubacar Ouedraogo. Ils perdent ainsi l’occasion de se faire connaître sur le continent et à l’étranger. Une tendance que le CCIABF tente de renverser. « Nous sensibilisons les artisans des zones isolées, notamment par le biais des associations dans lesquelles ils sont regroupés, à l’outil Internet et aux avantages que peuvent leur apporter Artisanat du Burkina Faso. Nous soulignons que même s’ils n’ont pas le réseau chez eux, ils peuvent se rendre dans des cyber-cafés pour se former et recevoir les commandes envoyées par e-mail ». Pour qu’Artisanat du Burkina Faso puisse donner les mêmes chances à tout le monde.

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