Senghor, un mécène de l’art nègre, selon le PR Sylla

L’esthétique senghorienne, composante de la Négritude, « fait de l’Art nègre une activité générique de l’homme, un art fonctionnel et collectif, un art engagé et interdépendant, donc un art qui, à la différence de l’art classique occidental, n’est ni figuratif ni limitatif », a estimé mardi un critique d’art sénégalais, le PR Abdou Sylla.

Lors d’un entretien avec la PANA, en marge d’un colloque
international de trois jours sur le thème « Senghor et les arts plastiques » débuté lundi à Dakar, le PR Sylla a rappelé que l’ancien poète-président sénégalais a tenté d’élaborer très tôt une esthétique de l’art nègre avec des textes comme « Ce que l’homme noir apporte » (1939), « L’esthétique négro-africaine » (1956) et « Eléments constitutifs d’une civilisation d’inspiration négro-africaine » (1959).

Il a noté que cette conception était allée au-delà des travaux d’ethnologues sur l’art plastique africain. « Cette conception de Senghor avait été vulgarisée par certains collaborateurs culturels du poète président. Elle a donné naissance à l’Ecole de Dakar dont se réclament toujours certains artistes plasticiens sénégalais et africains », a-t-il expliqué.

Selon le PR Sylla, l’Ecole de Dakar, dont l’idéologue est Léopold Sédar Senghor, n’est pas très bien connue de la nouvelle génération d’artistes plasticiens.

« C’est vrai que nos jeunes artistes ont leur style propre, mais il est important qu’ils sachent comment Senghor, un grand homme de culture, définissait l’art nègre qui doit magnifier l’Afrique et incarner les valeurs de civilisation du monde noir », a-t-il estimé.

« Le mécénat était aussi l’une des préoccupations de Léopold Sédar Senghor dans sa vision de développement de l’art nègre. L’esthétique de Senghor est indissociable de son mécénat, d’abord personnel puis d’Etat », a souligné Abdou Sylla, qui a présenté une communication sur « l’esthétique de Senghor » lors au colloque de Dakar.