Sénégal : un rapport sur la corruption accable la justice et la police

L’Ong Transparency international a publié son rapport, ce mardi, suite à une enquête menée sur la corruption, entre septembre 2012 et mars 2013. Il en est ressorti que les corps comme la police et la justice, restent les secteurs où la corruption semble être érigée en règle. Et 61% des personnes interrogées au Sénégal ont révélé que le taux de la corruption a connu une hausse vertigineuse sur les 12 derniers mois.

(De notre correspondant à Dakar)

Pendant longtemps, les citoyens sénégalais se plaignaient de la corruption qui gangrène certains secteurs comme celui de la police où chaque jour, les automobilistes dans une situation irrégulière, sont obligés de verser de modiques sommes aux policiers, pour que leur véhicule ne soit pas mis à la fourrière. Cette même police, est aussi soupçonnée de toucher des pots de vin dans le cadre du traitement dossiers d’enquêtes liés aux trafics de drogues, détournements de fonds, conflits conjugaux, viol sur mineurs etc.… Plusieurs personnes interpellées puis déférées au parquet par la police, le sont souvent sur la base d’enquêtes «achetées». Par contre, des gros bonnets versent des pots de vin pour éviter la prison. Les agents de la justice en font plus que les policiers. Dans le cadre du traitement des dossiers, il faut remettre de l’argent pour obtenir gain de cause.

L’ampleur de la corruption dans le secteur public

Hier, l’Ong Transparency international, en publiant son rapport, a presque confirmé ce qui se murmurait sur la corruption dans ces secteurs jugés sensibles. Sur la perception de la corruption par institution sur une échelle de 1 à 5, sans surprise la police nationale arrive en tête avec 4,1, les partis politiques entrent dans la danse avec 4,1 et le système judicaire ferme le trio des institutions les plus corrompues, il enregistre 4,0.

Institutions touchant plus de pots de vin

57% des personnes interrogées ont eu à verser au moins un pot-de-vin au niveau des services étudiés. L’Ong Transparency international cite au premier rang, le service des impôts, 59% (permis, droits de timbres et d’enregistrement). En deuxième position, la police qui revient encore avec 54% et le système judiciaire ferme la manche avec 53%. Le Sénégal, jusqu’au 25 mars 2012, était dans une situation de corruption endémique. Cependant, avec l’avènement du nouveau régime, des actes forts ont été posés, allant dans le sens de lutter efficacement contre ce phénomène qui continue de gangréner l’économie de notre pays et fragiliser ses institutions. On peut citer à ce titre : la loi portant Code de transparence ; la loi portant création de l’Office nationale contre la Fraude et la Corruption, la réactivation de la Cour de répression de l’Enrichissement illicite.

Transparency dénonce la médiation pénale

Par la même occasion, le forum civil dénonce toute tentative de médiation pénale sur la traque des biens mal acquis et invite l’Etat à gérer, de manière transparente, l’argent reçu de cette traque. Néanmoins, pour le Forum civil, beaucoup de choses restent à faire. Il s’agit notamment : de la mise en place, très rapide, de l’Ofnac, du renforcement du pouvoir des Institutions comme la Cour des comptes, d’engager des réformes sur le Conseil constitutionnel et le Conseil d’Etat, d’accélérer les réformes. L’enquête du Baromètre mondial sur la corruption 2013 a été réalisée pour le compte de Transparency international par l’entreprise WIN/GIA, réseau mondial d’instituts de sondage. Le baromètre sur la corruption 2013, huitième édition de cette enquête, reflète les témoignages de 114.270 personnes dans 107 pays : il s’agit du plus vaste échantillon sondé depuis le lancement du baromètre. Les recherches sur le terrain ont été effectuées entre septembre 2012 et mars 2013.