Sénégal : Ousmane Sonko impose une « charte de bonne gouvernance » à Macky Sall


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Ousmane Sonko et le Président Macky Sall
Ousmane Sonko et le Président Macky Sall

Après son inculpation, suivie de sa libération et de sa mise sous contrôle judiciaire, le leader de l’opposition sénégalaise, Ousmane Sonko, chef du parti PASTEF, a effectué une sortie, en début de soirée de ce lundi 8 mars 2021. Pointant un doigt accusateur sur Macky Sall est son régime, l’opposant, au cours d’un point de presse, a « imposé une charte de bonne gouvernance à Macky Sall », comme le pensent nombre de Sénégalais. Nous vous livrons l’intégralité de son discours.

Ces jours témoignent de l’expression « la souveraineté appartient au peuple » ! La loi c’est le peuple ! J’invite donc tout le monde à rester déterminé quant aux enjeux de l’heure.

Si cette accusation était fondée, je n’aurais jamais accepté qu’il y ait ne serait-ce qu’un manifestant dehors, puisque j’aurais porté la responsabilité de toutes ces pertes et victimes. Mais leur complot pour me liquider a plongé le pays dans cette situation.

Nous ne demandons pas au peuple d’aller déloger Macky Sall, même s’il est illégitime. Nous ne voulons pas prendre la responsabilité de saper notre démocratie puisqu’il est légal. Mais entendons-nous bien, la révolution est en marche vers 2024.

Nous ne permettront plus à Macky Sall de terroriser ou espionner les opposants. La terreur va changer de camp. Ainsi, nous formulons ces exigences :

– Indemniser toutes les familles des victimes ainsi que les blessés qu’ils soient du côté des manifestants ou des forces de l’ordre;
– Libérer immédiatement et sans conditions, tous les détenus politiques;
– Ouvrir une enquête indépendante sur les responsables des morts. Une plainte sera déposée auprès de la CPI;
– Identifier les milices et les traîner ainsi que leurs commanditaires devant la justice;
– Rendre à Karim Wade et Khalifa Ababacar Sall leurs droits civiques;
– Créer des conditions d élections libres et transparentes et tenues a temps;
– Déclarer clairement qu’il ne briguera pas un 3ème mandat.

Mes chers compatriotes, nous devons rester mobilisés de façon pacifique et user de notre droit inaliénable à la manifestation.

Macky Sall et ses sbires en sont les seuls et uniques responsables. Nous avons une grande gendarmerie.
Que les politiciens ne nous mettent pas en mal avec nos forces de l’ordre.

Pour finir, ils parlent de contrôle judiciaire, mais qu’ils se le tiennent pour dit, je suis un acteur politique et personne ne me privera de mon indépendance politique. Et que s’ouvre le procès pour que la vérité éclate.

À mes frères et sœurs de la classe politique, rendons à la politique sa noblesse. N’accepterons plus que des politiciens véreux s’emparent des derniers publiques pendant que les populations s’appauvrissent.

Le Sénégal n’a pas besoin d’un génie politique dont le seul art est de liquider des opposants, mais d’un génie d’État qui crée des emplois et de la prospérité, si bien qu’à la fin de son mandat, c’est son peuple qui le retient.

Nous remercions également toutes les personnes qui ont porté ce combat pour la démocratie. En ce 8 mars, je rends hommage aux femmes de tout bord. Que l’on ne s’y trompe pas. Ce combat est celui du peuple, pour le peuple, debout pour les acquis démocratiques.

Nous déplorons ces pertes et prions pour le repos de leur âme. Après les morts, ma pensée va également aux blessés, très graves pour certains. Nous remercions et les chefs religieux et coutumiers qui ont alerté sur ces jours sombres que nous vivons actuellement.

Notre compassion va vers tous ceux qui ont subi des dommages matériels, du fait d’agissements d’infiltrés. Ces manifestations ne visaient aucunement à léser quelque personne que ce soit ou pays ou leurs intérêts aux Sénégal.

Tout ceci est le fait d’un seul homme, Macky Sall, aveuglé par sa soif de pouvoir et sa cupidité. Il détient en otage plus de 100 prisonniers politiques dont le seul crime est d’avoir exercé un droit constitutionnel à la manifestation.

Ce n’est pas le combat pour Ousmane Sonko. Nous devons entendre le message et avoir une lecture de ce que le peuple dit. Nous rendons hommage aux jeunes qui ont compris, bien avant nous autres politiques, les enjeux de ce combat.

Je formule une demande solennelle : que tout le monde dépose les armes. Ici et surtout en Casamance. Nous sommes tous des fils de ce pays.

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Journaliste pluridisciplinaire, je suis passionné de l’information en lien avec l’Afrique. D’où mon attachement à Afrik.com, premier site panafricain d’information en ligne
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