Sénégal, négociations avec le MFDC : protestations de l’aile politique du mouvement

Le cercle des universitaires et intellectuels du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) n’approuve pas le choix des représentants du MFDC pour entamer les négociations avec le gouvernement du Sénégal. Ce cercle l’a fait savoir via un communiqué transmis au correspondant d’Afrik.com à Dakar

(De notre correspondant)

Le cercle des universitaires et intellectuels du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) est très influent dans la vie de ce mouvement indépendantiste depuis plus de 30 ans. Il représente, en quelque sorte, l’aile politique de ce groupe qui réclame l’indépendance de la province de la Casamance, au Sud du Sénégal.

Toutefois, au cours des dernières semaines, les pourparlers entre le MFDC et le gouvernement de Dakar ont démarré en Europe sans cette aile politique. Selon un communiqué, signé par le secrétaire général Hameth Apeka Diémé, le cercle des intellectuels n’est pas du content du choix fait par le commandement militaire : « Ceci étant dit, et par ailleurs, nous dénonçons avec la plus grande vigueur, le simulacre de rencontre organisé par la communauté Sant’ Edigio, à Rome, entre le Sénégal et des représentants de Salif Sadio. Nous tenons à rappeler à la population casamançaise que Salif Sadio n’est pas le secrétaire général du MFDC, c’est l’un des chefs de notre aile militaire ».

Mise en garde contre le chef militaire Salif Sadio

Le cercle des universitaires et intellectuels du MFDC tient à rappeler que les négociations pour le retour de la paix en Casamance ne peuvent se faire sans elle et s’adresse à Salif Sadio : « Nous saisissons cette occasion pour appeler notre camarade Salif Sadio à plus de retenue et d’éviter de prendre la grosse tête car la question casamançaise est vaste et complexe, on ne joue pas avec. Même si l’attitude compromettante de César vis-à-vis de l’occupant est un secret de polichinelle, il se trouve que son groupe cohabite avec un autre groupe loyaliste comme celui de Salif Sadio. Il s’agit du groupe d’Ibrahima Diatta. Si Salif Sadio aime la Casamance, il doit laisser le soin à l’aile politique de préparer les négociations après un congrès inter MFDC. Car elle a l’expertise nécessaire pour mener à bien des négociations. La preuve, si l’organisateur de cette rencontre avec l’Etat du Sénégal son complice, évite l’aile politique du MFDC, il y a bien une raison. Toute démarche cachée et précipitée, cache un loup », prévient Hameth Apeka Diémé dans un communiqué.

Méfiance contre la communauté de Sant’Egidio

Apres plusieurs tentatives de négociations avortées entre le gouvernement du Sénégal et le MFDC cette année les deux camps se sont accordés sur le choix de la communauté catholique de Sant’ Egidio, basée en Italie. Cette communauté est aujourd’hui critiquée par l’aille politique du MFDC, qui l’accuse d’avoir choisi comme interlocuteur Salif Sadio : « La communauté de Sant’ Edigio vient de confirmer notre méfiance vis-à-vis de son institution. Nous exigeons son exclusion d’un éventuel processus de paix entre le Sénégal et le MFDC. La question de l’autodétermination de la Casamance est réelle et irréversible. Vouloir en discuter avec des personnes incompétentes et non audibles est un crime anticipé contre l’humanité, une manœuvre dilatoire de plus de la part du Sénégal. Les méthodes de travail de cette communauté, nous rappelle l’époque du folklore fait à Foudioune (au centre du pays) entre l’Etat du Sénégal et des supposés membres du MFDC. Aujourd’hui, l’urgence n’est pas de savoir qui est allé à cette fameuse rencontre (parce que nous les connaissons) mais plutôt de condamner sans réserve son organisateur, car cette institution vient de prouver qu’elle œuvre pour le Sénégal. Nous savons bien que le but de cette précipitation est de mépriser notre lutte. Les personnes qui ont été à cette rencontre n’ont pas le mandat du MFDC pour parler au nom de notre mouvement et de la Casamance, et de surcroît, ils ont passé au moins une décennie à collaborer avec l’occupant », souligne le docteur Hameth Apekena Diémé.