Sénégal : Macky Sall limoge le DG de la police nationale

Codé Mbengue, le Directeur général de la Police nationale (DGPN), a été relevé ce lundi de ses fonctions. Ce limogeage fait suite à la « promenade » du Coordonnateur du Parti démocratique sénégalais (Pds), en Mauritanie. Pourtant, ce dernier était sous le coup d’une interdiction de sortie du territoire.

Omar Sarr, a outrepassé son interdiction de sortir du territoire sénégalais, en se rendant en Mauritanie, sans que la police de la frontière soit au courant. L’ancien ministre d’Etat avait rejoint Nouackchott par une grande pirogue avant de revenir, sans être inquiété, par avion. Samedi dernier, c’est le responsable des jeunes du Pds, Bara Gaye, qui a refusé de déférer à une convocation de la police, après avoir déclaré que le Président avait retiré les passeports diplomatiques des chefs religieux pour les remettre aux homosexuels.

En défiant les forces de sécurité, Bara Gaye a dit « préférer se rendre à la police le lundi matin », selon ses proches. Pendant ce temps, les forces de sécurité étaient à sa trousse pendant 48 heures sans pouvoir localiser le jeune responsable libéral.

Ces failles dans le système sécuritaire de la police nationale sénégalaise inquiètent la population et mettent surtout en colère le Président de la République Macky Sall qui ne se sentait plus en sécurité. Cela a poussé le président Sall à non seulement revoir le système sécuritaire, mais à faire appel à d’autres chefs de la police.

C’est ainsi que Codé Mbengue est désormais ex Directeur général de la Police, limogé de son poste de directeur national de la police sur ordre du chef de l’Etat Macky Sall depuis Addis-Abeba où il participe au sommet de l’union africaine. M. Mbengue, a été aussitôt remplacé par Ibrahima Diallo, ingénieur informaticien, et jusque-là Directeur de l’Automatisation des Fichiers (DAF), ce dernier tient désormais les commandes de la police nationale.

Au mois de novembre dernier, le président Macky Sall avait procédé à un vaste coup de balai dans la police, en plaçant ses hommes de confiance notamment, dans les directions jugées stratégiques : la Police judiciaire, la Sécurité publique, l’Ecole nationale de police et l’Office central de Répression du Trafic illicite des Stupéfiants. Malgré tout, le grand banditisme n’a pas connu de baisse à Dakar.

En effet, il se murmure que ces nouveaux chefs avaient appelé de jeunes officiers, fraichement sortis des écoles de police et qui seraient à l’origine des défaillances, vu leur manque d’expérience. Le ministre de l’intérieur, le général Pathé Seck, l’avait d’ailleurs reconnu et relevé quelques éléments de la police affectés à l’aéroport international Léopold Sédar Senghor.