Sénégal : la violence s’invite au procès de Karim Wade

A chaque audience, l’atmosphère est très tendue au procès de Karim Wade, fils de l’ancien Président. Des affrontements et insultes entre militants du parti présidentiel APR et de l’ex-parti au pouvoir ont régulièrement lieu.

La tension qui règne au procès de Karim Wade depuis son ouverture, le 31 juillet, n’a pas perdu de son intensité, ce mardi après-midi, après l’ouverture de l’audience, un peu après 14 heures. Des affrontements éclatent régulièrement entre militants du parti présidentiel, et du Parti démocratique sénégalais (PDS). A la sortie de l’audience, ce mardi après-midi, deux jeunes filles se sont violemment accrochées. L’une était du Parti démocratique sénégalais, soutenant Karim Wade, et l’autre appartenait au parti présidentiel, l’Alliance pour la République (APR). Quelques agents des forces de l’ordre sont intervenus pour mettre un terme à la discorde. D’autant que plusieurs mères de famille soutenant le PDS ont pris part au conflit, élevant la voix et proférant des insultes : « C’est quoi l’APR ? vous n’êtes rien ! », s’écrie cette mère de famille à l’encontre de la jeune militante de l’APR. « Celui qui me provoque, je vais en découdre avec lui! », riposte cette dernière. « C’est elle qui a hué Karim Wade lors du procès, je l’ai vu ! Pourquoi l’as-tu hué ?», lance cette autre militante du PDS.

« Pourquoi vous avez hué Karim ? »

Depuis le début du procès, ce genre d’altercation n’est pas rare, témoignant de la vive tension qui règne au palais de justice. Les forces de l’ordre, des gendarmes pour la plupart, ont en effet quadrillé toute la zone menant au palais de justice. L’objectif, éviter que des fauteurs de trouble ne viennent semer le désordre au tribunal. Des barrages sont érigés sur la voie menant à la salle d’audience numéro quatre où le procès a lieu. Les forces de l’ordre très tendus ne laissent rentrer que très peu de personnes. Plusieurs journalistes ont aussi été interdits de rentrer, sous prétexte que la salle d’audience est pleine à craquer.

La salle d’audience en effet ne désemplit pas. Les partisans de Karim Wade y sont toujours très nombreux. A chaque apparition du prévenu ils crient : Karim président !, l’applaudissant. Ce dernier, tout vêtu de blanc, arborant une djellaba, et une écharpe autour du cou, répond aux acclamations de ses sympathisants, souriant, levant les poings en l’air en signe de victoire. S’il est applaudi par ses partisans, très nombreux, il est aussi hué de temps à autre par des militants de l’APR, bien que ces derniers soient en minorité.

Face à ce climat très tendu, les forces de sécurité ne savent plus où donner de la tête. Ils ne cachent pas leur agacement contre les partisans de Karim Wade qui l’applaudissent et s’agitent à chacune de ses apparitions pour lui témoigner leur soutien. « Le prochain qui se comporte n’importe comment ira directement en prison pour un an ferme ! C’est clair ? », lance ce responsable de la sécurité, en rogne. « Ici nous sommes dans un tribunal et non dans la jungle. Donc le prochain qui se comporte mal, il sera immédiatement traduit en justice, j’espère que c’est entendu pour tout le monde ». C’est ce genre d’incidents qui éclatent tous les jours lors de l’audience au procès de Karim Wade, qui tient en haleine le pays de la Téranga.