Sénégal : l’avocat de Karim Wade charge François Hollande

L’avocat français Me Pierre-Olivier Sur, coopté pour défendre le fils de l’ancien Président du Sénégal, emprisonné depuis le 17 avril dernier, a tenu un point de presse mardi 7 mai dernier. C’était pour faire une mise au point dans ce qu’il convient d’appeler l’affaire Karim Wade. Le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Paris a saisi le prétexte de ce face-à-face avec la presse sénégalaise et internationale pour charger le président de la République française, François Hollande. Un grosse Pierre jetée Sur l’Olivier du Chef de l’État français, François Hollande qui, selon les termes de l’avocat, à échoué, pour ne pas dire trahi l’espoir du peuple français.

De notre correspondant, à Dakar

« Macky Sall et François Hollande ont été tous les deux élus, à quelques jours près, il y a un an. Tous deux ont porté l’espoir du peuple en pleine crise économique avec un discours appuyé par une coalition socialiste, stigmatisant le pouvoir de l’argent et appelant au partage des richesses », a fait savoir le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Paris qui ne s’arrête pas en si bon chemin, sans doute dépité par la fait que son client soit « illégalement détenu » et que ses pairs avocats appelé à défendre Karim Wade soient interdits de parole. En effet, Pierre-Olivier Sur fustige ouvertement la politique de François Hollande qui est un échec pour reprendre ses termes. « Un an après, tous les deux (Macky Sall et François Hollande) ont échoué ».

« Une instrumentalisation de la justice »

Nicolas Sarkozy mis en accusation dans l’affaire Woerth-Bettencourt, Karim Wade en prison, Me Sur fait le parallélisme et accuse Macky Sall et François Hollande. « Ils cherchent alors à réactiver la mémoire d’exclusion qu’ils avaient opposée à leurs prédécesseurs pour se faire élire en les jetant entre les mains de la justice ou en braquant l’opinion contre eux à raison de procédures en cours ». Une situation grave selon l’avocat français qui sous-entend une absence d’indépendance entre l’exécutif et le judiciaire dans les deux pays que sont le Sénégal et la France. « En clair, nous sommes dans une manipulation de l’opinion par une instrumentalisation de la justice », fulmine-t-il.

« Retour par le Sénégal à un réseau France / Afrique »

Avant de donner des exemples de corrélation pour ne pas dire de promiscuité entre Macky Sall et François Hollande, qui faut-il le rappeler, a effectué un voyage au Sénégal, le 12 octobre 2012, au cours duquel il s’est longuement entretenu avec son homologue sénégalais. « Le retour par le Sénégal à un réseau France / Afrique en est un signe. Avec notamment Bolloré qui est à nouveau au port de Dakar », note l’avocat français.

En somme, une sortie explosive qui fait encore débat dans la capitale sénégalaise, puisque l’avocat a soulevé une question très importante : l’information judiciaire contre Nicolas Sarkozy à raison de faits d’abus de faiblesse, d’abus de confiance aggravés, d’escroqueries aggravées au préjudice de Liliane Bettencourt. En clair, selon lui, Macky Sall et François Hollande auraient les mêmes pratiques : utiliser la justice pour empêcher leurs adversaires politiques de leur faire de l’ombre.