Sénégal : Karim Wade en prison

Arrivé dans les locaux de la Cour de répression de l’enrichissement illicite hier matin, mercredi 17 avril, aux alentours de 11h45 (GMT, heure locale), Karim Wade n’en sortira qu’à 23h40 pour être directement conduit à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, en centre ville de Dakar.

(De notre correspondant)

A bord d’une fourgonnette de la police, Karim Wade a été conduit la nuit tombée à la prison de Rebeuss. La quasi-totalité de la presse qui faisait le guet n’a pas vu Wade-fils au moment où il franchissait le seuil de la prison. Les limiers ont en effet fait passer le fils de l’ancien président du Sénégal par une petite porte dissimulée dans le quartier populaire de Rebeuss. L’ex-ministre d’Etat vient de passer sa première nuit en prison.

Le Procureur près la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), Alioune Ndao, qui avait fini de rédiger son réquisitoire introductif, a finalement saisi la Commission d’instruction de la dite Cour. Il a obtenu un mandat de dépôt qui a donc mené hier, mercredi 17 avril, tard dans la soirée, Karim Wade vers la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss. le fils-Wade a été inculpé selon l’article 163 bis du Code pénal qui reprend la loi 81-53 du 10 juillet 1981, avant d’être placé sous mandat de dépôt à la prison de Rebeuss. L’ex-ministre d’Etat pourrait passer 6 mois en prison, la période que va durer l’instruction préparatoire. Après les 6 mois, Karim Wade pourrait écoper des peines prévues par la loi 81-53 du 10 juillet 1981 qui stipule un emprisonnement de 5 à 10 ans et une amende au moins égale au montant de l’enrichissement illicite, soit 694 milliards francs CFA (1 milliard d’euros) et pouvant être portée au double de ce montant (1388 milliards FCFA : ou 2 milliards d’euros).

Ancien Conseiller spécial de son père Abdoulaye Wade, Karim Wade a aussi occupé des postes importants. Il a été Président du Conseil de surveillance de l’ANOCI (Agence nationale pour l’Organisation de la Conférence Islamique) avec un budget de 432 milliards francs CFA (659 millions d’euros). C’était lors du 11e Sommet de l’OCI (Organisation de la Conférence Islamique) qui a eu lieu en mars 2009 à Dakar. Il a en outre été nommé ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures.

Des portefeuilles qui lui ont permis d’amasser une fortune estimée à 1 milliard d’euros, selon les enquêtes menées conjointement par la police et la gendarmerie pour le compte de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI). Appelé à justifier sa fortune avant le 15 avril, Karim Wade avait fourni 3000 pages de preuves qui n’ont pas convaincu le Procureur spécial près la CREI qui a ordonné sa garde-à-vue le même jour. Après avoir fini de rédiger son réquisitoire introductif, le Procureur Alioune Ndao a obtenu un mandat de dépôt qui a envoyé Karim Wade à la citadelle du silence où il séjourne depuis hier soir.