Sénégal : inondations à Dakar

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Une forte pluie s’est abattue sur Dakar, la capitale sénégalaise, ce lundi 21 septembre, causant des inondations qui ont empêché toute circulation des véhicules et des personnes. Reportage.

A Dakar,

La capitale sénégalaise a été sous les eaux, le temps d’une soirée, ce lundi 21 septembre 2015. Une pluie qui s’est abattue un peu après 15 heures a causé des inondations à Dakar. Les grosses artères de la capitale sénégalaise, notamment Point E, Fass, Colobane, Castors, Cité des Eaux, Cambérène, étaient remplies d’eau; impossible de passer. Ce qui avait fini de créer des embouteillages monstres, car chacun cherchait une issue pour quitter le centre ville, surtout que c’était l’heure de descente.

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«Où sont les autorités ?»

Le comble de cette situation, c’est au niveau de la Cité des Eaux, principale voie d’accès à l’autoroute pour quitter Dakar vers sa banlieue ou les autres régions du Sénégal. « Je n’arrive pas à comprendre ce qui se passe au Sénégal. Depuis 16 heures, je suis resté coincé ici, sans pouvoir avancer car l’eau bloque tout, ni pouvoir faire demi-tour : la voie est complètement obstruée. Où sont les autorités ? », se lamente ce chauffeur de taxi. Aucun agent de la circulation, aucun membre des forces de sécurité. Même la gendarmerie, qui a une brigade à 200m des lieux n’a pas dépêché le plus petit élément pour tenter de gérer la circulation.

« On nous ressasse Plan Sénégal Emergent, c’est ça leur programme ? se demande un autre conducteur de véhicule lui aussi bloqué. Le gouvernement n’est pas fichu de vérifier si la circulation est bien gérée par les agents. L’ONAS (Office national de l’Assainissement du Sénégal, ndlr) est à moins de 500 mètres, et nous ne voyons aucune de leurs voitures pour tenter de faire quelque chose . Rien, personne pour tenter de déboucher les canaux d’évacuation ou pour aspirer l’eau », se désole-t-il. Pourtant, la zone de captage est aussi non loin de là, à quelque 200m des lieux.

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1000 FCFA pour faire traverser une voiture

Pour quitter les lieux et regagner l’autoroute, les automobilistes qui étaient pressés devaient mettre la main à la poche et débourser la somme de 1 000 FCFA. Une condition était nécessaire : éteindre son moteur et se faire pousser par trois ou quatre gaillards. Les véhicules 4X4 et autres pick-up pouvaient passer sans grands dangers. Sauf que certains, par précaution, vu que l’eau était abondante, préféraient se faire pousser pour éviter de prendre tout risque. A part prendre de l’eau à l’intérieur de la voiture et devoir sécher sa moquette le lendemain. Ceux qui conduisaient de petits véhicules et qui se sont aventurés à traverser tout seul sont quasiment tous tombé en panne au beau milieu des eaux de pluie auxquelles venaient s’ajouter l’eau des égouts. Un véritable désordre finissait par s’installer, avec notamment ceux qui veulent se faire pousser et qui n’arrivent pas à accéder aux premières lignes; et ceux qui sont devant qui, compte tenu de l’importance des inondations, préfèrent rebrousser chemin , mais sans issue possible.

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« Lourd 1000 FCFA, léger 300 FCFA »

Même les piétons étaient restés piégés par ces eaux. La Cité des Eaux étant un lieu de passage pour rejoindre le quartier peuplé de Grand Yoff, les piétons qui ne voulaient pas traverser les eaux leur arrivant à la taille étaient obligés de débourser. « Poids lourd 1000 FCFA, poids moyens 500 FCFA, poids léger 300 FCFA », scandaient les « passeurs ». Pour ainsi dire que les personnes de forte corpulence doivent payer 1000 FCFA pour la traversée, 500 FCFA pour les poids moyens et 300 FCFA pour les légers. Jeunes filles, femmes et même des pères de famille se faisaient porter au… dos.

De 18 heures à 2 heures du matin, rien ne bougeait au niveau de la Cité des Eaux. Ceux qui patientaient pour traverser en toute quiétude, étaient obligés de rebrousser chemin, une fois la voie décongestionnée, pour voir soit du Côté de Khar Yalla pour rallier la Patte d’Oie ou bien de la Cité ouvrière du côté de Colobane pour rallier l’autoroute;après près de 10 heures d’attente. Une journée pénible de pluie pendant laquelle, les citoyens étaient unanimes : « les autorités ont brillé par le absence ».