Sénégal : ex-ministre Affaires étrangères, Cheikh Tidjane Gadio dans les habits de porte-étendard du Panafricanisme

Cheikh Tidiane Gadio

Invité par le mouvement And Sopi Thiès, l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères du Sénégal, Cheikh Tidjane Gadio, a tenu en haleine la jeunesse de ce mouvement, à la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Capitale du rail. A cette occasion, il était bien à l’aise dans les habits de porte-étendard du panafricanisme. Selon lui, « Dieu aime l’Afrique, mais la question qui se pose est de savoir si les Africains aiment l’Afrique

Dans une salle de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Thiès envahie par les jeunes du mouvement And Sopi Thiès de Madiakhaté Niang, Cheikh Tidjane Gadio ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal a fait une sortie très appréciée sur le panafricanisme. « L’Afrique devait être aujourd’hui au même niveau que l’Inde, la Chine, le Brésil », a-t-il d’emblée déclaré, avant d’exprimer son souhait de voir la réalisation rapide d’une monnaie commune, une armée commune, une diplomatie commune, un commerce intra africain. Pour lui, la question du panafricanisme était avant une volonté politique, mais elle est devenue aujourd’hui une urgence.

C’est désormais un choix obligatoire parce que l’Afrique est menacée dans sa survie. Il cite dans ce sillage, le terrorisme qui sévit dans une partie du continent. A ce sujet, il déclare que « l’international terroriste mondial a compris que c’est le continent le plus vulnérable au monde et il demande dans le même temps sa part d’Afrique, les terres, l’eau, les forêts et les immenses ressources naturelles. C’est pourquoi, les terroristes viennent aussi s’installer car ils sont dans des organisations qui combinent leur activité avec l’économie criminelle, en l’occurrence le trafic de drogue, d’êtres humains, d’armes, etc. Il faut donc que les Africains comprennent que s’ils continuent dans cette dynamique, ils vont inéluctablement mener le continent à sa perte. Il est temps de dépasser les égoïstes nationaux ».

Dans son réquisitoire, il cite le journaliste Béchir Ben Yahmed de Jeune Afrique qui disait que si l’on créait les Etats Unis d’Afrique, le lendemain on serait le quatrième pays du monde. Dans la même veine, il laisse entendre que « l’Afrique n’a pas un autre destin en dehors du fédéralisme et il faut rapidement faire basculer l’Afrique sur la pente de son destin fédéral. Personne ne pourra nous convaincre que nous aurons le temps de bâtir 54 pays africains, 54 Etats-nations, 54 Etats qui réunissent les attributs de souveraineté, qui sont capables de se défendre seuls, d’assure leur souveraineté alimentaire, leur autonomie en éducation, en santé, en agriculture, en infrastructures. Tout est à faire en Afrique parce que nous avons pris près de 50 ans de retard en tentant de faire l’impossible, c’est-à-dire bâtir des Etats ».

Cheikh Tidjane Gadio était l’invité du mouvement And Sopi Thiès, qui a décidé de s’engager dans les prochaines élections locales pour, selon son président Madiakhaté Niang, « proposer aux populations une nouvelle alternative, une nouvelle façon de gérer la cité, conceptualisée dans le slogan, une véritable gestion de proximité ».