Sénégal, Covid-19 : les enfants de la rue, véritable bombe à retardement

Enfants de la rue avec des masques offerts par AFRIK.COM (Jeudi 23 avril 2020)

Sur ces images prises ce mercredi 22 avril 2020 au matin, les enfants sont une nouvelle fois descendus en masse, par centaines pour ne pas dire par milliers, dans les rues du Sénégal, malgré les mesures d’accompagnement prises par les autorités, notamment communales, de prendre en charge, côté nourriture, les écoles coraniques, durant tout le temps du confinement partiel. Ce qui représente une véritable menace pour le Sénégal qui est sur une poudrière.

Encadrés par des maîtres coraniques véreux, animés par la recherche de gain, réclamant à chaque enfant un revenu quotidien allant de 300 FCFA à 500 FCFA, ces enfants n’ont toujours pas quitté les rues du Sénégal. Et en ces temps de Coronavirus, ces enfants dit « de la rue », qui sont en réalité des mendiants, représentent une véritable bombe qui, si elle éclate, posera de sérieux problème de prise en charge de la maladie au Sénégal.

En effet, il se trouve que durant son parcours quotidien, chaque enfant côtoie au minimum cent (100) personnes. Ces enfants frappent aux portails des maisons, interceptent les passants, dans la rue comme au marché, les conducteurs de véhicule comme les passagers, et n’hésitent pas à accrocher au bras, la personne à qui ils demandent la pitance. Si l’on sait que ces enfants, le soir, se retrouvent entassés dans une pièce où ils sont au nombre d’une cinquantaine, voire plus, pour y passer la nuit, cela donne forcément des sueurs froides.

En effet, il suffit d’imaginer que dans ces conditions, un seul de ces enfants soit atteint de Coronavirus pour comprendre le danger qui guette le Sénégal. Car, outre la contagion entre ces enfants qui vivent dans une dangereuse promiscuité, ce serait une transmission communautaire sans précédent à laquelle devront alors faire face les autorités sanitaires du pays qui peuvent, en un seul jour, se retrouver avec des milliers de cas de Covid-19 à gérer.

Et dans ces conditions, comme l’a prédit le Professeur Moussa Seydi, chef du service des maladie infectieuses au Centre Hospitalier Universitaire de Fann, le Sénégal ne pourra pas éviter les morts. Comme ça se passe actuellement dans beaucoup de pays d’Europe.