Sénégal : Abdoulaye Wade invite les Chrétiens à s’engager dans la vie politique

Le chef de l’Etat sénégalais, Me Abdoulaye Wade, a saisi, samedi, l’occasion des Journées nationales de la femme chrétienne, pour appeler les Chrétiens sénégalais, « qui ont longtemps boudé la chose politique », à s’engager.

Interpellé par la Coordination des Unions diocésaines des associations féminines catholiques du Sénégal (CUDAFCS) sur le climat socio-politique qui prévaut dans le pays, à quelques semaines des consultations électorales, Me Abdoulaye Wade a invité « la communauté chrétienne, à travers ses associations, à participer au contrôle du processus électoral ».

« Ne laissez pas la politique aux seuls partis politiques », a indiqué le chef de l’Etat à l’assemblée des association féminines catholiques qui comptait parmi ses invités plusieurs candidats à la prochaine élection présidentielle, ainsi que d’autres organisations féminines de la Société civile sénégalaise. A cet effet, Me Abdoulaye Wade s’est déclaré en « complète convergence » avec les préoccupations des femmes chrétiennes du Sénégal, notamment en ce qui concerne l’urgence d’un climat apaisé pour des élections libres, démocratiques et transparentes.

Rendant hommage au rôle des Chrétiens dans le développement du Sénégal, le chef de l’Etat sénégalais a particulièrement souligné le travail accompli dans les hôpitaux et cité en exemple les avancées du Sénégal dans le domaine du dialogue islamo-chrétien. « Aucun pays ne peut concurrencer le Sénégal pour abriter le sommet mondial du Dialogue islamo-chrétien, parce qu’il y règne une harmonie totale entre les communautés musulmane et chrétienne », a affirmé le président Wade, abordant la nature de la « mission particulière » du Sénégal au regard des convergences sur la tolérance religieuse. Les Journées nationales de la femme chrétienne, organisées les 5 et 6 janvier par la CUDAFCS, entendent faire du slogan « Femmes sénégalaises, artisanes de la paix pour des élections libres et responsables », le leitmotiv pour les cinq années à venir.

Aussi cette rencontre a-t-elle pour mission d’inviter « les acteurs politiques à un débat serein, même s’il doit être passionné, un débat civilisé qui incite à la réflexion sur le devenir de notre pays, dans un climat apaisé », précise la présidente de la CUDAFCS, Mme Marie Clémentine Diop. »Dans nos traditions, quand la société traverse des tensions, des velléités de désordre, ce sont les femmes qui interviennent dans la forêt sacrée pour ramener la paix. Elles sont conseillères de l’homme avant la réunion des sages (…) elles jouent toujours un rôle stabilisateur dans les sociétés en crise », a rappelé Mme Diop à ceux « qui briguent la magistrature suprême », leur recommandant vivement d’être soucieux de « servir et non se servir »