Ségolène Royal à l’université de Montréal


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Le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal accueillait le mercredi 19 septembre 2007 Ségolène Royale, candidate socialiste aux dernières élections présidentielles françaises. Plusieurs Montréalais étaient de la partie : des étudiants, des professeurs mais aussi des curieux qui voulaient écouter son allocution. À l’ordre du jour, plusieurs thèmes : les débats actuels au Québec sur l’intégration des immigrants, ces « accommodements raisonnables », les questions environnementales, les questions internationales.

Par Ghislaine Sathoud

Actuellement le débat sur l’immigration est plus que d’actualité au Québec. Il est question d’établir des prévisions sur l’immigration. La province a besoin de nouveaux arrivants pour faire face au vieillissement de la population…

Par ailleurs, l’immigration c’est aussi la cohabitation des cultures différentes voire même opposées. À propos des différences, elles sont énormes. Elles attisent les débats et réveillent des passions. Certains soutiennent que les nouveaux arrivants doivent se soumettre à des règles précises pour « réussir l’intégration » dans la société d’accueil.

D’autres clament haut et fort qu’il faut garder quelque chose de la culture d’origine. Et pour eux, la cohabitation entre différentes cultures rime avec le respect des autres cultures, des valeurs des uns et des autres. Ainsi, la « liberté » est évoquée pour justifier le refus d’abandonner les us et coutumes du pays d’origine. De ce fait, la notion « d’intégration » porte les germes de « l’assimilation » selon les partisans d’un « conservatisme » qui veulent garder quelque chose du pays d’origine.

Il faut dire que la perception de l’intégration est différente. Tout autant que celle de l’assimilation d’ailleurs !

Alors, comment définir cette « liberté » ? Elle est du reste réclamée ardemment… Jusqu’où faut-il tolérer la liberté ? Qu’est-ce que la liberté dans une vie publique qui implique tout le monde ? Et la place de la communauté dans tout ça, le respect des autres ?

Plusieurs interrogations se greffent à cette notion qui est au cœur de l’argumentation des réfractaires au changement. Le sujet fait couler de l’encre. La société québécoise est multiculturelle et il faut tenir compte de cette diversité pour une cohabitation harmonieuse. La classe politique se mobilise également.

Ségolène Royal s’est d’ailleurs exprimée sur ce sujet : « Les questions aujourd’hui en débat au Québec autour de ce qu’on y appelle les accommodements raisonnables me paraissent essentielles. Ce sont des questions que se posent toutes les nations, toutes les sociétés que les vagues migratoires, la soif croissante des individus et les effets de la mondialisation poussent à actualiser leurs valeurs communes et leurs règles de vie ».

Une chose est certaine, cette question est incontournable et récurrente partout. La mixité de la population mondiale justifie l’intérêt de se pencher sur cet aspect important qui peut causer de grands bouleversements si l’on n’y prend garde.

Pour renforcer la sécurité collective

Peut-on encore éviter la question de l’environnement avec toutes les alertes, tous ces signaux qui annoncent des catastrophes futures ? La nature s’exprime et interpelle les consciences. Des actions sont menées pour sensibiliser le monde sur les questions environnementales. D’ailleurs, pour répondre à ces alertes, une prise de conscience collective est indispensable.

Ségolène Royal a affirmé : « Je sais que le Canada et la France n’ont pas fait le même choix face au protocole de Kyoto mais, depuis, la prise de conscience écologique s’est partout renforcée. Le monde a besoin du Canada. »

Le moins que l’on puisse est que la question des réchauffements climatiques est importante et dramatique. L’adhésion à cette cause est une volonté de s’engager dans le combat de la « sécurité collective ».
C’est donc à juste titre que le sujet suscite de nombreux débats.

Une union au-delà des différences

La francophonie ramène quelque part à la notion de la diversité culturelle. À propos de la diversité culturelle, elle constitue une force au sein de la francophonie. Elle est un enrichissement.

Bien évidemment il est impossible d’esquiver la question de la francophonie dans les échanges entre la France et le Québec. Elle y occupe indiscutablement une place primordiale.

D’ailleurs Ségolène Royal a évoqué cette question « incontournable » dans son allocution : « Tous les francophones sont de cultures, de continents différents et ne s’opposent pourtant pas. C’est un cela que la francophonie peut devenir modèle d’un nouvel équilibre mondial »

Finalement, la diversité est une force, on ne le dira jamais assez. Des peuples différents s’unissent par la langue. Cette langue qui « épouse » les différences et « s’intègre » à son environnement en tenant compte des particularités des lieux. L’adaptation de la langue, cette métamorphose développe un sentiment d’appartenance. Au bout du compte, tout le monde a l’impression d’apporter sa pierre au rayonnement de cette langue qui représente le point de rapprochement des francophones. Il faut dire que malgré les nombreuses métamorphoses, la langue préserve « l’essentiel » pour continuer de favoriser le rapprochement. Et c’est cet essentiel qui permet par exemple à un africain de communiquer facilement avec un Québécois pour ne citer que cet exemple. En effet, en Afrique comme au Québec, les « nouveaux visages » de la langue exigent une adaptation pour déchiffrer les « codes » et les particularités régionales de la langue française. Mais, la francophonie c’est d’abord et avant tout des peuples différents unis par la langue. La force et l’intérêt de préserver ce patrimoine commun prennent le dessus pour taire les différences culturelles et entonner un chant harmonieux. Une union au-delà des différences : c’est l’image que reflète la francophonie.

Somme toute, les différences culturelles constituent une force. La pyramide construite pour « l’intérêt » commun s’écroule comme un château de cartes si à la base de cet édifice un socle rigide de tolérance de l’autre n’est pas édifié. C’est le revers de la médaille de la diversité.

L’harmonie s’obtient avec de tolérance.

Par ailleurs, les nouveaux arrivants sont confrontés à de nombreux problèmes : intégration professionnelle, reconnaissance des diplômes, frustration, révolte de « renoncer » à son passé. Il faut tout recommencer pour se frayer un chemin dans la nouvelle société. Il faut réellement tout recommencer.

De ce point de vue, renoncer à certaines pratiques considérées comme les symboles ou les vestiges de cette vie antérieure peut paraître comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Une vie que l’on s’efforce déjà de ranger dans les oubliettes pour renaître et reconstruire une autre. Il est important de souligner que cette nouvelle vie n’est pas toujours une fierté…

Comment trouver le juste milieu et préserver la « liberté » et le « respect » dans un environnement diversifié ? Où s’arrête l’intégration? Où commence l’assimilation ?

Il va sans dire que le parcours des nouveaux arrivants est jalonné d’obstacles. Et surtout, il faut s’adonner à l’épreuve de faire le deuil de son passé. Est-ce une tâche aisée? Quelles sont les conséquences de cet acte ? Peut-on oublier une vie professionnelle comme c’est le cas pour plusieurs immigrants au Canada, troquer son passé contre une autre profession et vivre sereinement comme si de rien n’était ? Les questions liées à l’intégration professionnelle des immigrants sont primordiales lorsqu’il s’agit de trouver des solutions sur l’immigration.

Surtout, il faut rappeler que ces immigrants, particulièrement ceux qui arrivent comme immigrants indépendants répondent à des exigences imposées par la grille de sélection pour obtenir le droit de s’établir dans la province du Québec ou dans tout le Canada. Ils passent par un long processus d’évaluation qui tient compte des critères financiers, médicaux et même de la connaissance de la langue et du niveau d’instruction…

Bref, quant à l’hôte l’Université de Montréal, son passage a été une réussite. La foule présente l’écoutait avec une grande attention. Soulignons que le Canada accorde une place importante aux rapports de genre. Un autre fait important à mentionner est que par sa participation aux élections présidentielles, Ségolène Royal a apporté a contribution incontestablement au combat mondial des femmes. Dans ce combat, les actions sont des victoires car elles contribuent considérablement au changement des mentalités.

Pour plus d’informations sur Ghislaine Sathoud, écrivain congolaise

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