Sawadogo impérial

Sur cette étape taillée pour les costauds, avec 180 km de course dont un final piège de 11 km sur piste, Abdul Wahab Sawadogo s’est affirmé comme le grand patron de l’épreuve. Celui qui a ramené le maillot jaune au Burkina après sept ans de disette a signé la première victoire d’étape burkinabè sur ce Tour. Le jour où les principales équipes européennes comptaient reconquérir le maillot jaune, Sawadogo a non seulement géré tactiquement la course avec ses coéquipiers, mais il a également battu au sprint son capitaine historique Saïdou Rouamba, qui s’empare du maillot vert.

Le fait qu’il s’agisse de l’étape la plus longue du Tour ne suscite aucun sentiment de sagesse ou de retenue dans le peloton. Le rythme de départ est tout aussi rapide que les autres jours et les attaques aussi nombreuses, si bien qu’une vingtaine de coureurs se retrouvent distancés dès le kilomètre 10.

Un duo infatigable

Devant, ce sont Mahamadi Sawadogo et Gunter Cuylits qui mènent la première offensive significative. A force d’attaquer et de rouler échappés en duo, ils finiront probablement par passer leurs vacances ensemble. Leur première aventure de la journée, la énième sur le Tour, initiée au km 24 ne dure que six kilomètres.

Un peu plus tard, c’est en compagnie de Tidiane Ouedraogo et Alexandre Perret que le petit frère du maillot jaune retente sa chance. Le peloton se reforme à nouveau. Une tentative en solo avortée, et Sawadogo s’embarque avec son compagnon d’échappée favori… Gunter Cuylits. Ils sont suivis par Saïdou Tall et Marcio Mucanza, avec qui ils creusent un écart de 2’30 ».

Le maillot jaune dans le bon groupe

Toutes ces initiatives valeureuses ne sont plus que de vieux souvenirs à l’approche du final « cailloux-poussière », où la physionomie de la course est totalement modifiée. Après la jonction, un nouveau groupe de tête s’est détaché avec 13 coureurs. Sawadogo, le jeune et valeureux, n’en fait pas partie. Il chutera d’ailleurs lourdement à l’entrée du secteur délicat. Le grand frère, maillot jaune, est en revanche dans le bon paquet.

Rouamba en vert

Sur la piste, les attaques s’enchaînent, les crevaisons aussi. L’ex-maillot jaune Karel Pattyn creuse par deux fois un écart avant de se faire rejoindre. Dans le dernier virage, la chute de Mucanza crée la confusion dans la petit groupe qui prépare le sprint. C’est finalement Abdul Wahab Sawadogo qui s’impose dans une bataille avec Saïdou Rouamba. Le capitaine des Etalons, avec sa 4ème deuxième place sur ce Tour, s’empare du maillot vert que portait Denis Flahaut, trop diminué par des troubles digestifs pour défendre son bien.
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