Sarkozy prône la démystification des relations Afrique-France

Le ministre d’Etat français de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, Nicolas Sarkozy, a plaidé vendredi pour une démystification des réalisations Afrique
France, lors d’une intervention devant la classe politique
béninoise.

M. Sarkozy qui intervenait sur le thème « Politique de la France en Afrique », a déclaré : « A nous aussi de débarrasser la relation Afrique-France de ses phantasmes et de ses mythes qui la polluent. La France n’a pas les intentions et l’influence qu’on lui prête. On lui prête la faculté de redresser les situations, de rechercher des intérêts économiques que nous n’avons pas et d’être capables d’assurer la stabilité ou de créer l’instabilité
dans un pays ».

Bien souvent d’ailleurs, les deux phantasmes sont mêlés, a fait remarquer M. Sarkozy, déplorant qu’on prête également à son pays l’intention de mener une politique dont le seul objectif est de s’approprier les ressources géologiques du continent.

« Il n’existe plus de compagnies minières françaises en Afrique et les entreprises françaises présentes en Afrique sont surtout spécialisées dans les services », a expliqué M. Sarkozy.

Donnant l’exemple du secteur pétrolier, M .Sarkozy a indiqué que les deux pays africains où le groupe Total réalise l’essentiel de sa production sont le Nigeria et l’Angola, deux pays qui ne sont pas parmi les plus proches de la France.

« Il n’y a en réalité qu’un petit nombre de grands groupes
français qui réalisent une part importante de leurs activités en Afrique, a indiqué M. Sarkozy, expliquant que ces entreprises, dont les plus connus sont Bouygues, Air France, Bolloré, n’ont pas besoin de la diplomatie française pour exister et se développer en Afrique.

« S’ils y sont dynamiques, c’est à l’ancienneté de leur
implantation, ils ont cru à l’Afrique avant beaucoup d’autres. C’est au talent de leur management et de leurs collaborateurs qu’ils le doivent et à eux seuls », a souligné le ministre français, invitant de leur côté les Africains à comprendre que l’aide publique au développement ne peut rien sans les investisseurs privés.

Ceux-là ne viendront durablement que si les pays d’Afrique
peuvent leur garantir un climat serein et stable pour y mener leurs affaires, a-t-il conclu.