Sarkozy et les sans-papiers

Le Ministre de l’Intérieur français empêtré dans ses contradictions : comment ne pas expulser les enfants sans régulariser leurs parents ?

Face au mouvement de fond qui se propageait en début d’été pour soutenir les enfants sans-papiers scolarisés dans les écoles françaises, le Ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy avait dû adopter une attitude plus souple face à leurs familles, et refréner son souhait d’expulsions massives… Mieux : il avait instauré une procédure exceptionnelle de régularisation, encadrée par des critères multiples, afin de légaliser la situation des familles dont les enfants étaient scolarisés en France.

Bilan de cette procédure : 33500 demandes de régularisation enregistrées par les préfectures, et près de 7000 cartes de séjour d’un an accordées aux parents concernés. Visiblement, l’examen des dossiers a été excessivement scrupuleux, afin que la majorité des demandeurs n’obtiennent pas gain de cause. Mais le guichet a déjà permis de donner une situation légale à plusieurs milliers de familles qui sortent ainsi de la clandestinité…

Ne pas baisser la garde

A ce stade, Nicolas Sarkozy ne veut pas paraître baisser la garde, soucieux de satisfaire la frange dure de son électorat, et c’est ainsi qu’il a décidé de ne plus exclure désormais la reconduite à la frontière en cours d’année scolaire d’enfants dont les parents seraient encore en situation irrégulière -et il y en a toujours, si l’on en juge par le nombre de dossiers déboutés, plusieurs milliers!

Quelle mobilisation ?

Dès lors, les semaines qui viennent s’annoncent décisives : soit on assistera à un nouvel élan de mobilisation solidaire des familles de leurs camarades, pour empêcher les expulsions des enfants scolarisés sans papiers ; soit l’essoufflement de ce mouvement de soutien permettra aux Préfets de reprendre les procédures d’expulsion du territoire, qui étaient l’an dernier suspendues pendant l’année scolaire…

Or l’effet psychologique des expulsions peut être désastreux, et Nicolas Sarkozy le sait bien, à six mois d’une élection présidentielle, où il compte bien être le candidat de la droite… D’où une équation difficile à résoudre, pour laquelle il doit s’en remettre au doigté et à l’habileté des Préfets et des policiers : expulser plus, mais discrètement et humainement, sans faire de vagues… L’affaire n’est pas gagnée.

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