Sang Froid-Sang Franc invente son rap

Autoproduction ivoirienne, le collectif rap  » Sang Froid Sang Franc « , s’affranchit de l’influence française sur le mouvement dans le pays pour inventer une nouvelle manière de chanter. Un  » african touch  » à la fois rugueux et mélodique.

A écouter l’album du collectif rap  » Sang Froid-Sang Franc « , on se dit indéniablement qu’il y a quelque chose en plus. Quoi ? Difficile au départ de mettre le doigt dessus. Et puis le son vous pénètre et vous réalisez qu’il s’agit en fait d’un nouveau phrasé. A la fois rugueux et mélodique. Une nouvelle manière de rapper qui, bien que ce soit dans la langue de Molière, reste tout à fait africain.

L’album  » Sous l’arbre à palabres  » est le fruit du travail du  » posse  » (prononcer possi, terme hip-hop pour désigner la bande) de Port Bouet à Abidjan. Dans le posse, sept groupes différents. Quatre d’entre eux ont formé  » Sang Froid-Sang Franc  » pour présenter et représenter leur quartier.

Le miel et les ronces

Raja Anaconda, Chico, Tony et Desmo souhaitaient développer un nouveau rap.  » Au niveau de la manière de chanter, ce qui se fait actuellement en Côte d’Ivoire est souvent calqué sur la rap français. Nous voulons lancer autre chose, quelque chose qui nous ressemble plus, quelque chose de plus africain « , expliquent-ils. Et c’est chose faite.

Deux visages pour leur musique : le miel et les ronces.  » Monssikro mon quartier « , le premier morceau de l’album, donne le ton d’un rap très parlé, où les mots âpres défilent en cadence sur le beat (tempo) tandis que  » Peuple d’Afrique « , repris d’ailleurs a capela, révèle de surprenantes qualités mélodiques. Ecoutez : le contraste est saisissant.

La ligne directrice de l’ensemble reste un style tout à fait épuré où le collectif se garde de trop en faire. Un son parfois trop sec et la voix du rossignol du groupe qui, sur quelque morceaux, a du mal à tenir la note, viennent tempérer un album qui malgré tout vaut largement le détour.