Salva Kiir traque des journalistes qui l’ont filmé en train d’uriner en public


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Le Président Salva Kiir
Le Président sud-soudanais, Salva Kiir

Le Président sud-soudanais, Salva Kiir, a lancé une traque contre des journalistes. D’ailleurs, on apprend que six d’entre eux ont été arrêtés. On leur reproche d’avoir diffusé des images publiques sur lesquelles le Président n’est pas beau à voir.

Salva Kiir, c’est ce Président africain filmé en train d’uriner dans son pantalon. C’est ainsi que l’avaient décrit plusieurs médias en ligne, qui ignoraient, pour la plupart, le nom du Président et celui du pays qu’il dirige. Il s’agit, tenez bien, du chef de cet État d’Afrique de l’Est, indépendant depuis le 9 juillet 2011. Comprenez, le plus jeune État du continent noir. Dirigé par un malade ?

Salva Kiir filmé en train d’uriner dans son pantalon

On ne va pas s’aventurer sur ce terrain. On se limitera au constat que tout le monde a fait. Un Président de 71 ans qui, au cours d’une cérémonie publique, a été filmé en train d’uriner dans son pantalon. Certains avaient vite fait d’indexer l’indiscipline de ce dirigeant, alors que d’autres ont opté pour la piste de la maladie. Il faut, en effet, être malade, oui, une folie qui frise l’indiscipline ou tout simplement avoir des ennuis de santé.

En tous les cas, il y a quelque chose qui ne va pas. Et contre toute attente, cet homme a posé un acte qui en a surpris plus d’un. Surtout venant d’un chef d’État. Avec tous les moyens dont il dispose. Après tout, on est en Afrique et ce n’est un secret pour personne que les dirigeants n’ont rien à envier à Crésus. Il aurait, aidé par son entourage, pu prendre les dispositions pour éviter que cela lui arrive. Mais, ce qui devait arriver arriva. Il a fait dans son pantalon.

Un signal fort dont il se devait d’en tirer toutes les leçons. Certains ont même pensé qu’après cette séquence, Kiir allait tout juste rendre le tablier. C’est tout le contraire. Monsieur, plus que jamais, s’accroche à son poste. Et voilà qu’il a choisi de traquer des journalistes. Des personnes dont le travail consiste à collecter et traiter l’information. Fusse-t-elle celle concernant un chef d’État qui ne s’est pas retenu de pisser dans son pantalon, en public. Mais en Afrique, plus rien ne dérange.

Six journalistes ont été arrêtés dans le pays

Pas même un Abdelaziz Bouteflika, qui, pendant longtemps, a dirigé l’Algérie en fauteuil roulant. Pas aussi un Ali Bongo du Gabon dont on ignore tout de sa santé, depuis son AVC de 2018. D’ailleurs, l’opposant gabonais Jean Ping le traite de « Zombie ». Ou un Paul Biya du Cameroun, au pouvoir depuis près de 40 ans et dont la vieillesse ne souffre d’aucun doute. Et quand un Président se permet de se soulager en public, il sait ce qui lui reste à faire.

En lieu et place de traquer des innocents qui ont montré au peuple sud-soudanais ce qu’est devenu leur Président. Voilà qu’il joue les durs. On apprend en effet que six journalistes ont été arrêtés dans le pays après la diffusion de la vidéo en question. Il s’agit des journalistes de la télévision publique South Sudan Broadcasting Corporation (SSBC). Ils ont été interpellés, mardi, par les éléments de la sécurité nationale. Arrestation qui a fini de déclencher un tollé et une indignation.

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Journaliste pluridisciplinaire, je suis passionné de l’information en lien avec l’Afrique. D’où mon attachement à Afrik.com, premier site panafricain d’information en ligne
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