Sahara Occidental : le Maroc « disponible », le Polisario prêt à « coopérer »

Rabat, Tindouf, Alger, Madrid, Paris. C’est une tournée marathon de cinq jours qu’a entamé, mercredi, le nouvel émissaire de l’Onu pour le Sahara Occidental, Christopher Ross. Son but : tenter de relancer les discussions directes entre le Front Polisario et le gouvernement marocain.

Nouveau négociateur, nouvelle tournée, nouvel espoir. Christopher Ross, l’envoyé spécial personnel du Secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, en poste depuis janvier 2009, s’est envolé mercredi pour Rabat, première étape d’une tournée de cinq jours qui devra mener le nouvel émissaire onusien à Tindouf (sud-ouest de l’Algérie), Alger, puis Madrid et Paris, entre les 25 et 27 février. Objectif : relancer les discussions sur l’avenir du territoire sahraoui entre un gouvernement marocain qui s’accroche à son plan d’autonomie, et le Front Polisario, qui ne veut rien négocier en dehors d’un projet indépendance pure et simple du Sahara Occidental.

L’annonce de l’arrivée de Christopher Ross a en tout cas été bien accueillie à Rabat où le porte-parole du gouvernement marocain et ministre de la Communication, Khalid Naciri, a assuré que « Christopher Ross rencontrera au Maroc la même disponibilité d’esprit et la même bonne foi demandées par le Conseil de sécurité pour faire avancer le processus de négociation», estimant toutefois qu’il « doit poursuivre à partir du point où l’a laissé son prédécesseur ». L’ancien émissaire, Peter van Walsum, avait estimé avant son départ en août dernier que l’indépendance du Sahara Occidental était un projet « irréaliste », ce qui lui a d’ailleurs coûté le renouvellement de son mandat, ayant perdu toute crédibilité auprès du Polisario.

Christopher Ross sera reçu à Tindouf par le secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, a indiqué la porte-parole de l’Onu Michèle Montas dans un communiqué. Le mouvement indépendantiste avait fait part de sa satisfaction à la nomination du diplomate américain en remplacement de Néerlandais van Walsum en janvier dernier. « Le Front Polisario assure Christopher Ross de sa coopération et de toute l’aide nécessaire en vue de mener à son terme le processus de décolonisation du Sahara Occidental, conformément aux résolutions des Nations unies », avait déclaré le mouvement politique dans un communiqué en janvier dernier.

« Les propositions marocaines sont intéressantes »

Après Alger, soutien traditionnel de la vision sahraouie, le passage de l’Envoyé personnel de Ban Ki-moon en France, pays réputé proche des positions marocaines, est très attendu. « Nous pensons que le processus de Manhasset doit continuer. Nous pensons que les propositions marocaines sont intéressantes et nous appelons au dialogue entre les deux parties », a déclaré à l’AFP l’ambassadeur de France à l’ONU, Jean-Maurice Ripert. Le processus de Manhasset, premières négociations directes entre le Front Polisario et le gouvernement marocain, s’est étalé sur quatre rounds sous l’égide de l’Onu, à New York, entre juin 2007 et mars 2008. Les pourparlers n’ont abouti à rien de concret, si ce n’est la nécessité de poursuivre et d’intensifier les négociations.

La mission de Christopher Ross consistera à évaluer, à travers ces consultations, les chances d’une reprise du processus, ont averti des responsables onusiens, mettant en garde contre un excès d’enthousiasme. Le voyage de Christopher Ross dans la région coïncide avec le 20ème anniversaire du l’Union du Maghreb Arabe (UMA). Rêve d’un espace politique et économique maghrébin commun compromis à cause du différend qui mine les relations Algéro-marocaines autour du Sahara Occidental. C’est dire l’importance du règlement du conflit pour l’avenir de la région.

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