Sahara Occidental : l’Algérie court-circuite le Maroc

Ramtane Lamamra a appelé Paris à soutenir un processus conduisant à l’autodétermination du Sahara Occidental. Le chef de la diplomatie algérienne a reconnu que ce sujet ultra sensible était un point de désaccord entre Paris et Alger.

« Nous avons toujours bon espoir que l’administration du Président François Hollande va aider la région à régler cette question dans le cadre de la légalité internationale ». Ces propos sont du ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, qui, ce mardi 29 mars 2016, a appelé Paris à soutenir un processus conduisant à l’autodétermination du Sahara Occidental, tout en reconnaissant que ce sujet ultra sensible était un point de désaccord entre Paris et Alger.

Le chef de la diplomatie algérienne a, lors d’une conférence de presse commune avec son homologue français Jean-Marc Ayrault, en visite à Alger; ajouté que « pendant 40 ans, ce sujet a constitué un point de désaccord entre la politique extérieure de l’Algérie et celle de la France », appelant « la communauté internationale à s’acquitter de ses responsabilités historiques pour l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental (…). La France trouverait un rôle à sa mesure dans le soutien de ce processus ».

Ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc en 1975, le Sahara Occidental est revendiquée par les indépendantistes du Polisario soutenus par Alger. Depuis 2007, Rabat propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté pour ce vaste territoire de moins d’un million d’habitants, riche en phosphates et aux côtes poissonneuses, alors que le Polisario réclame un référendum d’autodétermination. Pour sa part, le Polisario accuse régulièrement Paris de faire obstruction au plan de règlement de l’ONU par son droit de véto au Conseil de sécurité.

« C’est une question délicate, difficile, qui ne doit pas être une pierre d’achoppement dans l’amitié entre la France et l’Algérie (…). Nous souhaitons que le mandat de la MINURSO soit renouvelé », a déclaré Jean-Marc Ayrault, dont le pays soutient le plan d’autonomie de Rabat.