Sahara : le Congrès américain bloque les promesses de Trump


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Donald Trump et Mohammed VI
Donald Trump et Mohammed VI

Le 10 décembre dernier, l’ancien Président américain Donald Trump avait reconnu la marocanité du Sahara occidental et l’administration Joe Biden a réitéré son attachement à cette décision. Mais, les démocrates bloquent l’ouverture du consulat du Sahara et la vente de drones. Sur le papier, rien n’a changé par rapport aux promesses faites par les États-Unis au Maroc durant les derniers jours de Donald Trump au pouvoir.

La commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, bloque depuis plusieurs mois deux initiatives clés contenues dans l’accord par lequel le Maroc a soudainement vu se réaliser sa vieille aspiration à la reconnaissance de sa souveraineté sur le Sahara Occidental : « l’ouverture d’un consulat américain dans le territoire contesté, subordonné à Rabat, et la vente de drones armés MQ-9B au royaume chérifien », comme l’indique le journal espagnol La Vanguardia.

Malgré le soutien général du Capitole aux accords d’Abraham promus par Donald Trump entre Israël et différents pays arabes, la nature transactionnelle de nombre de ces pactes, souvent accompagnés de ventes d’armes, a suscité des inquiétudes dès le premier instant parmi les législateurs. Avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche, ce malaise s’est traduit par des actions concrètes dans le cas du Maroc pour tenter d’en atténuer les conséquences.

L’ouverture d’un consulat américain à Dakhla, équivaudrait à la réalisation pratique de la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental, et mettrait fin aux souhaits du Front Polisario de parvenir à une solution négociée dans le cadre des Nations Unies. Fin décembre, l’ambassadeur américain, David Fisher, s’est rendu au port de Dakhla, situé à 1440 kilomètres au sud de Rabat, pour inaugurer un bureau diplomatique virtuel dans la ville et annoncer la construction prochaine de l’édifice.

Cependant, la commission des affaires étrangères du Congrès, doute de la nécessité d’un tel consulat dans un lieu aussi peu actif et soupçonne que son seul but serait d’exister et de confirmer la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental. Le blocus signifie que, « légalement, le département d’État ne peut pas prendre de décisions financières ou opérationnelles pour poursuivre le plan. Il en va de même pour la promesse faite par Trump au roi Mohammed VI de lui vendre des drones MQ-9B, une technologie très avancée et mortelle qui, selon eux, ne devrait pas être fournie au Maroc à l’heure actuelle », précise le journal.

Le blocage de ces initiatives au Congrès n’avait pas été mis en lumière jusqu’à présent, mais la vérité est qu’elles sont paralysées depuis près de cinq mois sans que le département d’État ait pris des mesures pour tenter de le contourner ou de négocier un compromis avec les membres du Congrès.

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