Sahara, Algérie : le Maroc déclenche la colère de Ban Ki-moon

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon n’a point apprécié la marche organisée à Rabat à son encontre et s’est plaint d’un manque de respect du Maroc envers sa personne et l’ONU.

C’est en recevant le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, que le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, s’est plaint, lundi 14 mars 2016, d’un manque de respect du Maroc envers sa personne et l’ONU. Selon un communiqué de l’ONU, Ban Ki-moon a exprimé au ministre sa profonde déception et sa colère à la suite d’une manifestation monstre à Rabat qui l’avait pris pour cible personnellement.

Le communiqué, qui s’interroge sur la présence parmi les manifestants de plusieurs membres du gouvernement marocain, indique que de telles attaques témoignent d’un manque de respect pour sa personne et pour les Nations Unies. Le texte ajoute que le Secrétaire général a demandé au ministre des affaires étrangères de s’assurer que l’ONU soit respectée au Maroc.

Après la visite de Ban Ki-moon, qui venait d’effectuer une visite, début mars, dans un camp de réfugiés sahraouis en Algérie dans l’espoir de faire avancer le règlement d’un conflit qui dure depuis quatre décennies, des centaines de milliers de manifestants s’étaient rassemblés, dimanche 13 mars 2016, à Rabat pour protester contre le « manque de neutralité de Ban Ki-moon » sur le dossier du Sahara occidental. Rabat, dénonçant le mot occupation utilisé par M. Ban pour décrire le statut du Sahara Occidental avait déploré des « dérapages verbaux, faits accomplis et gestes de complaisance injustifiés » de ban Ki-moon lors de ce déplacement.

Ban Ki-moon, qui a accusé Rabat d’avoir cherché à représenter de manière délibérément erronée les objectifs de son voyage et réaffirmé qu’il s’en tenait strictement au mandat donné par le Conseil de sécurité pour régler ce conflit, a indiqué avoir pris note du malentendu autour de ce terme, qu’il dit avoir utilisé pour décrire sa réaction personnelle au sort des réfugiés sahraouis. Le secrétaire général de l’ONU a aussi réitéré son appel à des négociations de bonne foi et sérieuses, sans condition préalable, pour faire des progrès aussi vite que possible dans le dossier du Sahara Occidental.