Sacs à trafic

Les industriels sénégalais fabricants de sacs en plastique sont victimes d’une concurrence déloyale réalisée par des importateurs véreux. Leur vaste trafic menace des milliers d’emplois, alors que les pertes pour l’Etat se chiffrent à quelque 10 milliards F CFA chaque année.

L’industrie de la fabrication de sacs en polypropylène est mise en danger par des importateurs sénégalais malhonnêtes. Ces derniers, en faisant entrer illégalement dans le pays les sacs de conditionnement indispensables à l’industrie agro-alimentaire, menacent des milliers d’emplois et font perdre à l’Etat des milliards de francs CFA par an.

Fraude à l’importation

Les sacs en polypropylène sont essentiellement utilisés au Sénégal pour le conditionnement du sucre, du sel, de l’arachide et du riz. Vaste marché que deux producteurs locaux, la Cofisac et la CSTM, se partagent. Mais face à ce marché régulier, des entrepreneurs pratiquent depuis quelques mois une fraude massive à l’importation.

La législation sénégalaise fixe à 180 F CFA le prix minimal d’un sac de conditionnement afin de ne pas léser les producteurs locaux. D’un commun accord avec les producteurs étrangers, il suffit aux importateurs sénégalais de déclarer pour chaque sac une valeur mais également un poids inférieurs pour réaliser des profits immenses. Cette opération leur permet non seulement de réduire leurs charges, mais aussi de vendre le sac au prix de 250 F CFA, tandis que le coût de production du même produit oblige les industriels locaux à le vendre 300 F CFA.

Des facilités douanières

Les agents de la Cotecna sont mandatés pour effectuer les inspections, avant embarquement, des marchandises importées au Sénégal. En priorité celles dont la valeur totale dépasse les 3 000 000 de F CFA. Ce qui est généralement le cas des sacs polypropylène. Or, ce sont les douaniers sénégalais qui, en prenant la décision de peser les marchandises même quand l’importateur se présentait avec son attestation de vérification et sa déclaration préalable d’importation, ont découvert le pot-aux-roses.

Selon nos confrères de Sud Quotidien, l’Etat perdrait plus de 10 milliards de francs CFA chaque année et cette concurrence déloyale pourrait faire perdre leur emploi à des milliers de Sénégalais.