Rififi sur les quais du port d’Alger

Le port d’Alger étouffe. Une opération de recensement a été lancée début avril par les services des douanes afin d’assainir les aires de stockage et les magasins encombrés de marchandises et de containers en souffrance.

L’opération de recensement, toujours en cours, a permis de découvrir des marchandises abandonnées sur les quais depuis… 1991! Le port n’est plus une aire de transit, il est transformé en « dépôt » (…). Les produits alimentaires ont été liquidés le 2 avril dernier à travers la vente aux enchères de 80 containers.

On apprend, par ailleurs, qu’une vente aux enchères de 100 containers de matériel et divers équipements en souffrance depuis la période allant de 1991 à 2000, aura lieu dans deux ou trois semaines aux Pins Maritimes. Même si une deuxième étape est prévue pour le recensement du reste des marchandises, certaines sources évoquent qu’on est encore loin du compte puisque le chiffre avancé est de 2.000 à 5.000 containers qui seraient à l’abandon. Officiellement, on préfère attendre la fin du recensement pour donner des chiffres.

Chercher les containers

Il reste que la liquidation de ces containers n’est pas chose aisée, estime-t-on du côté de l’administration des douanes. Le moindre de ces problèmes est que les containers ne se trouvent pas dans les lieux où ils sont censés être ou du moins ceux indiqués sur les documents administratifs. Les douanes font par ailleurs, état d’un manque de moyens de transport pour le transfert des containers. Selon elles, cela devrait incomber à l’entreprise portuaire d’Alger (EPAL) d’autant, ajoutent-elles que ses services accusent un déficit en effectif de l’ordre de 200 agents.

Un cadre des douanes note que les écoles de formation qui se trouvent à Annaba et dans d’autres villes affectent principalement des officiers, alors que les besoins portent surtout sur des agents de contrôle et de sécurité. Le responsable de la brigade commerciale des douanes en poste au port d’Alger indique que malgré trois réunions au mois d’octobre 2001, pour déterminer le nombre exact des containers en souffrance, l’EPAL n’a pu fournir que des informations incomplètes. « 90% de la marchandise déclarée dans les états en question n’ont pas été localisés au port par nos services », ajoute-t-il (…)

500 containers dangereux

L’autre question soulevée est celle relative aux marchandises qui présentent des signes d’avarie ou de détérioration pouvant engendrer des nuisances, voire même des dangers pour la santé et l’environnement. 500 containers à l’abandon présenteraient des menaces pour l’environnement, mais il semble qu’un imbroglio rend leur enlèvement difficile pour ne pas dire impossible. Les douanes affirment qu’elles n’ont « … ni les moyens, ni l’autorité » pour procéder à l’enlèvement de ces containers qui transforment le port en « décharge pour ordures dangereuses ». Pour elles, la liquidation de ces stocks avariés incombe à la commission des avaries, créée en décembre 1997 (décret exécutif 97/481 du 15 décembre 1997).

Cette commission regroupe 8 intervenants: les douanes, l’EPAL, la sûreté nationale, la protection civile, la direction de la santé de la wilaya, la direction de la concurrence et des prix, l’inspection de l’environnement et un magistrat du parquet. La mission principale de la commission est d’assainir les magasins de stockage. Mais selon notre interlocuteur des douanes, cette commission n’est pas opérationnelle « … elle n’a ni siège, ni bureau où tenir ses réunions et prendre des décisions au sujet de cette marchandise…  » (…)

M. Aziza

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