Rififi dans l’athlétisme nigérian

La Fédération nigériane d’athlétisme se présentera aux Championnats du monde d’athlétisme très diminuée. Plusieurs stars ont décidé de boycotter la sélection nationale ou, plus radicalement, de changer de nationalité. Seuls onze athlètes se rendront à Edmonton, au Canada.

Défections, naturalisations, la Fédération nigériane d’athlétisme a eu du mal à réunir onze athlètes pour les Championnats d’athlétisme qui se tiendront à partir du 3 août, à Edmonton, au Canada.  » Les grosses cylindrés  » préfèrent courir dans les grands meetings européens, plus rémunérateurs, ou carrément changer de nationalité. La saignée a commencé avec la médaillée d’argent de Sydney du 110 m haies, Glory Alozie, qui a obtenu la nationalité espagnole en juin dernier. Plusieurs de ses compatriotes lui ont emboîté le pas.

Le sprinteur Francis Obikwelu ne répond plus aux convocations de sa fédération. L’espoir de médaille des Nigérians au 100 m boude son pays et essaime les meetings. Il serait en voie d’être naturalisé portugais.  » Ces athlètes qui veulent courir sous les couleurs d’autres pays reprochent au Nigeria de leur offrir moins de moyens financiers. Je ne sais pas s’ils réalisent que nous ne pouvons pas rivaliser avec l’Europe sur ce terrain. Ils se comportent en mercenaires ! « , s’indigne un responsable de la Fédération nigériane d’athlétisme.

La fuite des mollets nigérians

Le coureur de 400 m haies Saidat Onanuga et la lanceuse de poids Vivien Chukwuemeka devront concourir aux prochains jeux sous les couleurs respectivement du Canada et de la Grande-Bretagne. Les avantages matériels ne sont pas étrangers à ces choix définitifs. Même si les conditions d’entraînement fort réduites du Nigeria ne sont effectivement pas comparables avec celles des pays adoptifs.

Le cas de Deji Aliu, spécialiste du 200 m, est plus énigmatique. Il a refusé de prendre part aux sélections nigérianes la semaine dernière mais n’a pas fait état de son désir de changer de nationalité. Il continue de hanter la piste en se présentant comme Nigérian mais délaisse sa sélection nationale.

Consolation de taille pour le Nigeria : Mary Onyali a promis de décrocher l’or au 200 m, sa spécialité favorite. A 32 ans, la belle sprinteuse est encore parmi l’élite mondiale.