Réveillons-nous : Fraude soutenue dans les élections à l’africaine

En ce moment, un peu partout en Afrique, les élections présidentielles, législatives et autres, faisant l’objet de nombreuses discussions au quotidien, souffrent de l’absence de transparence, ne reposent pas sur le respect de la liberté des citoyens et ne se conforment pas aux principes démocratiques. De ce point de vue, les exemples, nous les avons tous chacun de notre façon.

Pendant les échéances électorales, la majorité des présidents africains, candidats à leur propre succession, sont constamment obsédés par la peur d’être tenus en échec. Ainsi, ils se donnent les grands moyens de remporter illégalement au premier tour une victoire préméditée qui n’obtient pas la faveur du public. Aussi les voit-on recourir à de mauvaises stratégies politiques destinées à favoriser l’issue malheureuse de la campagne des partis de l’opposition.

En général, les hommes et les femmes qui sont toujours avides de pouvoir, s’arrogent toutes les affaires de l’Etat, mais ne remplissent pas effectivement leur fonction d’utilité sociale, et ne sont pas des dirigeants modèles en matière de démocratie. Bon gré mal gré, il n’est pas dans leur propos d’envisager le changement comme meilleure solution de continuité politique, selon les règles fondamentales relatives à la constitution républicaine.

Quels que soient les modes de scrutin, la transparente la plus souhaitée est volontairement faussée dans l’intention de prendre les électeurs pour des dupes. En plus, le dépouillement des suffrages exprimés est ambiguë, malgré les combats politiques perpétuels menés inlassablement par les grands partis de l’opposition pour introduire la démocratie dans les pays africains.

L’installation des urnes et d’autres équipements électoraux sophistiqués, ainsi que la présence des observateurs internationaux réduits à une morne inaction, ne peuvent pas toujours rassurer la population au sujet de la fraude bien planifiée dans les élections ni changer la situation de ceux qui dirigent indûment.

Certes, la dictature de la fraude électorale pose de sérieux problèmes, et n’est pas l’objet d’encouragements stimulants de toutes parts. En fait, elle confirme le pire, comme beaucoup le savent, et finit par donner naissance à une guerre civile, à une armée de rebelles ou à un renversement brusque du pouvoir qui n’est pas issu de la volonté légitime du peuple.

Au terme de leur mandat présidentiel, qu’ils paraissent politiquement ou physiquement affaiblis, les chefs de plusieurs Etats d’Afrique caricaturent très souvent la constitution, pour se cramponner au pouvoir jusqu’au soir de la vie. Citons, par exemple, quelques présidents actuels qui sont restés longtemps au pouvoir sans résigner leurs fonctions, à savoir Rober Gabriel Mugabe de Zimbabwe, Yoweri Museveni de l’Ouganda, Paul Biya du Cameroun, Denis Sassou Nguesso du Congo et José-Eduardo-dos-Santos d’Angola.

Dans le pire des cas, de nombreux dirigeants en exercice, s’obstinent à être relayés en dernier ressort par leurs fils comme si l’Afrique tout entière était une monarchie. En considérant l’ensemble des circonstances dans lesquelles les pays africains se trouvent, il convient d’arguer que la place extrêmement minime réservée à une soi-disant démocratie ne bénéficie nulle part d’aucune considération.

A l’issue du scrutin, on trouve encore étonnant que ceux qui se maintiennent au pouvoir obtiennent déloyalement un grand nombre de voix par rapport à leurs adversaires politiques. Dans ce cas de figure, ils se rendent odieux par leur attitude de mauvais aloi, par leur maladresse et leur monstruosité saugrenue qui révoltent le grand public. Par contre, les leaders de différents partis de l’opposition qui ne sont pas poussés jusqu’à la victoire, doutent de leur échec occasionné comme d’habitude par des manipulations électorales courantes. Ces derniers qui s’autorisent à dénoncer au grand jour le dispositif de fraude électorale mis en place, prennent de gros risques et n’obtiennent pas forcément gain de cause.

Force est de constater que, dans tous les pays du monde, bien que les résultats des élections ne soient estimées au-delà de leur valeur, mais ce qui se passe vraiment en Afrique est très alarmant. Avec l’indifférence totale de l’union africaine ou de la fameuse communauté internationale, les présidents qui gagnent les élections truquées ont leurs petites manies de repousser les accusations portées contre eux, pour être quittes envers le pouvoir judiciaire complètement malade et qui favorise l’impunité croissante.

En réalité, les usurpateurs du pouvoir pratiquent ordinairement la politique de l’autruche, ne se soucient guère des souffrances physiques et morales qui tourmentent les couches populaires. En cultivant des relations avec des Occidentaux, des Américains et des Asiatiques, accusés partout de complicité, les présidents africains se targuent de gérer les pays comme leurs affaires personnelles. C’est de cette manière qu’ils se rendent impopulaires et ridicules vis-à-vis de leurs peuples. Actuellement, la plupart d’entre eux peuvent bien manger, boire ou vivre dans l’aisance, mais le pis qui puisse leur arriver finalement, en dépit de leurs richesses, de leurs armes, c’est le jugement permettant de régler le sort qui les attend, ayant un rapport avec la mainmise directe dans les actions économiques de leurs pays et le massacre des innocentes populations civiles. Leurs émissaires qui sont en connivence avec eux, et qui versent dans les méandres de leur système politique, pour réussir à avoir un bon poste de travail ou à se construire indélicatement une bonne vie risquent de sombrer dans le gouffre du même sort.

Rappelons que toutes sortes de démêlés judiciaires qui tracassent Hissène Habré, ancien président tchadien, et de soulèvements populaires organisés contre les pouvoirs publics dans les pays du nord de l’Afrique peuvent servir de leçon pour les autres. En Afrique, au moment où l’on parle, la donne politique ne peut s’améliorer d’un coup de baguette magique, et le seul moyen de se débarrasser des dirigeants dictateurs c’est la révolution populaire.