Répression de la troisième marche de l’opposition au Togo


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La Fosep (Force Spéciale élection Présidentielle 2010) a dispersé mardi, à Lomé, une manifestation de quelques centaines de jeunes de l’opposition togolaise à coups de gaz lacrymogène. Elle avait été interdite, la veille, par les autorités. Les manifestants entendaient contester la victoire du président sortant, Faure Gnassingbé.

Notre correspondant au Togo

Débarquées aux premières heures de la matinée sur les lieux du rassemblement, les forces de l’ordre ont bouclé toutes les issues du quartier. Les jeunes manifestants, quelques centaines environ, défient les hommes casqués avec leurs matraques. « Nous voulons nouveau Président ! Fabre Président ! », lancent-ils à l’endroit des forces de l’ordre. Les jeunes bloquent le passage aux passants qui veulent vaquer à leur occupations. « Nous réclamons notre victoire. Faure doit quitter le pouvoir. Le Togo n’est pas l’héritage des Gnassingbé», explique Léon Amana, un jeune de la vingtaine, muni d’un lance-pierre.

Jean-Pierre Fabre arrive sur les lieux de la manifestation aux environs de 9 heures, au lieu de 7 heures comme il avait été annoncé. La foule excitée scande « Président ! Président ! ». Les premiers tirs de gaz l’obligent à se replier, avec quelques responsables du FRAC, au siège de son parti, l’Ufc, situé à une centaine de mètres des lieux de la manifestation. Les manifestants se replient, brulent des pneus, érigent des barricades et enflamment la vieille carrosserie d’une voiture endommagée au milieu de la chaussée.

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Plusieurs foyers de tension se créent un peu partout sur les avenues et ruelles du quartier. Patrick Lawson, le directeur de campagne de Jean-Pierre Fabre, annonce qu’une « nouvelle marche sera organisée samedi prochain », et que celle-ci sera suivie d’un meeting à la place de l’Indépendance.

Jusqu’en début d’après-midi, les manifestants ont continué de jouer au chat et à la souris avec les forces de l’ordre dans le quartier. Jusqu’où ira l’opposition ? Nul ne saurait le dire. Son appel à la « la résistance » suivi par un petit nombre de militants ne semble pas avoir mobilisé le gros de la « troupe des jaune », depuis l’annonce de la victoire de Faure Gnassingbé.

L’Union des forces du changement (UFC) et trois petits partis réunis au sein du FRAC contestent les résultats « frauduleux » du 4 mars, créditant Faure Gnassingbé de 60,92% des voix contre 33,94% pour son principal challenger Jean-Pierre Fabre.

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