Remaniement ministériel en France : Diversité, où es-tu ?

Rama Yade, Fadela Amara, et les nouvelles venues, Nora Berra et Marie-Luce Penchard, n’accèdent pas au poste de ministre. Le président français Nicolas Sarkozy qui a procédé, mardi, à un remaniement ministériel, a attribué aux quatre « atouts de la diversité » les fonctions de secrétaire d’Etat. Rachida Dati, ancienne garde des Sceaux devenue eurodéputée, a cédé sa place à Michèle Alliot-Marie, autrefois à l’Intérieur, tandis que Rama Yade, après la disparition de son secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme, est passée aux Sports.

L’effet Obama n’aura pas été assez puissant pour « sauver » les atouts de la diversité. Le remaniement ministériel opéré, mardi, en profondeur par le président français Nicolas Sarkozy a changé la donne pour Rachida Dati et Rama Yade. Ce qui devait être un simple « ajustement technique » s’est transformé en une redistribution des principaux portefeuilles. L’ouverture, prônée par le chef d’Etat français lors de la création du premier gouvernement, fait place à la rupture. Le poste de Rama Yade est supprimé. Tombée en disgrâce après avoir refusé de participer aux élections européennes, la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme passe aux Sports… avec « un grand plaisir ». « Ma peau est sauve puisque je suis membre du gouvernement et que j’occupe l’un des plus beaux portefeuilles puisque vous vous adressez à 65 millions de Français (…). Je passe d’une famille à l’autre mais avec les mêmes valeurs. A travers le sport, la famille olympique, les valeurs qui accompagnent le sport sont aussi celle des droits de l’Homme », a-t-elle déclarée, mercredi matin, au micro d’Europe 1. Sans doute Nicolas Sarkozy a-t-il pensé l’évincer, mais la jeune femme, très populaire auprès de l’opinion, est l’un des symboles forts de sa politique de la « diversité ».

Les nouvelles venues : Nora Berra et Marie-Luce Penchard

Reste qu’aucune des personnes issues de l’immigration nommées par Nicolas Sarkozy n’accèdent au poste de ministre. Rama Yade reste au secrétariat d’Etat et Rachida Dati, devenue eurodéputée, est remplacée à la Justice par Michèle Alliot-Marie, autrefois à l’Intérieur. Les « atouts diversité » sont donc relégués au second plan et ne sont plus considérés comme la vitrine du gouvernement. Les nouvelles venues, Nora Berra et Marie-Luce Penchard se contenteront des postes de secrétaires d’Etat chargée des Ainés et à l’Outre-mer tandis que Fadela Amara gardera, quant à elle, la politique de la ville.

Les quotas de femmes et de personnes issues de l’immigration dans le gouvernement étant respectés, le président a pu attribuer aux hommes, des Français « pure souche », les portefeuilles les plus importants. Ainsi Brice Hortefeux remporte l’Intérieur. Nicolas Sarkozy place son favori à un poste clef dans l’optique de la réforme des collectivités territoriales. Il est remplacé au ministère du Travail par Xavier Darcos qui cède l’Education nationale à Luc Chatel. A noter au passage, l’entrée surprise de Fréderic Mitterrand à la Culture, nommé précédemment à la direction de la Villa Médicis [[Institution artistique française située à Rome]] par le chef de l’Etat.

Lors de ce remaniement ministériel, la diversité n’aura pas été mise à l’honneur. Car, comme le rappelait si justement Nicolas Sarkozy, lors de son discours de décembre dernier à l’école Polytechnique : « il ne suffit pas de proclamer l’égalité pour qu’elle soit réalisée ».

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