Reggae africain ou Black System

Ismaël Isaac, sur des airs de reggae, a mal pour l’Afrique. Mal de l’ivoirité, de l’ethnicisme, de la fermeture des frontières. Il souffre de voir des peuples, hier frères, se déchirer, s’entretuer. Il rêve d’une autre Afrique, d’un  » Black System « .

Sous sa naïveté assumée, sinon revendiquée, Ismaël Isaac s’attaque aux maux qui donnent le vertige à l’Afrique. Carte de séjour. Il n’est pas d’accord avec l’instauration de la carte de séjour en pays africains pour les résidents africains. Pourquoi une carte de séjour pour mes frères noirs d’Afrique ? Non, il n’est pas d’accord. Il en fait une chanson roots. Ce style s’impose : les racines panafricaines sont mises à mal.

Avec un faux air nonchalant, Ismaël s’en prend  » aux vendeurs d’armes « , il leur demande de se souvenir d’Hiroshima et de Nagasaki. L’Afrique est devenue une poubelle pour les armes occidentales. Fabricants, vendeurs, acheteurs, tous complices, tous criminels.  » Y-en a marre « , vivement le  » Black System « . L’enfant de Treichville, quartier d’Abidjan, y croit. Mieux, il le chante joyeusement. Pour notre grand bonheur.

Allah Dimina

Ismaël Isaac, Issiaka Diakite de son vrai nom, s’est choisi un pseudonyme-programme : ouverture et humanisme. L’Ivoirien s’emploie à trouver tout ce qui peut rassembler les Africains. Aux arrangements proches d’Alpha Blondy, Ismaël se démarque par les instruments à vents que le saxophoniste Nicolas Gueret et les trompettistes Christophe Dutray et Jacques Bolognesi maîtrisent à merveille. Complaintes et indolences joyeuses sortent des instruments magiquement, pour accompagner le verbe revendicatif.

La musique d’Ismaël Isaac se nourrit du quotidien. Elle se veut utile et intelligente. Mieux, elle est humaniste et tolérante. Le reggae n’est pas mort. Tant qu’il y aura des porte-drapeaux comme Ismaël ou Alpha Blondy.

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