Recrutement de 25 000 jeunes diplômés au Cameroun : les choses se précisent

La promesse d’un recrutement de 25 000 jeunes diplômés camerounais a été faite par le président Paul Biya lors de son discours à la jeunesse la veille de la traditionnelle célébration de la Fête de la Jeunesse du 11 février. A l’issue d’une réunion du comité de pilotage que présidait Jules Doret Ndongo, le Secrétaire général du Premier ministère, le 1er mars, les conditions de recrutement de ces jeunes ont été rendues public. Toutefois, les manœuvres pour bénéficier avantageusement de la manne ont déjà commencé.

De notre correspondante

Il ressort du communiqué rendu public par les services du Premier ministre que les 25 000 jeunes diplômés à recruter auront « le statut d’agents publics relevant du code du travail ». Ils ne seront donc pas des fonctionnaires comme certains l’espéraient mais des contractuels d’administration. Ceux des Camerounais concernés sont « des titulaires de tout type de diplômes délivrés par l’ordre de l’enseignement primaire, secondaire, universitaire et professionnel ». On y apprend que le recrutement se fera « prioritairement sur étude de dossier, mais il pourra être complété en tant que de besoin par des tests de sélection ». Pour donner la possibilité « aux Camerounais atteints par la limite d’âge de se présenter aux concours administratifs, le recrutement sera ouvert aux diplômés âgés de 40 ans au plus au 30 avril 2011 ». Les dossiers de recrutement seront reçus dans les chefs lieux de région et dans les missions diplomatiques du Cameroun pour permettre aux Camerounais de l’étranger de postuler à ce recrutement.

Cependant, le communiqué n’indique ni les éléments constitutifs du dossier ni le lieu du dépôt dudit dossier. Pourtant, certaines sources très introduites nous indiquent que les 25 000 à recruter auraient déjà été ciblés. Ils auraient même déposé les dossiers auprès des personnalités. Les mêmes sources nous disent que parmi ces postulants, on retrouve de nombreux « Call-boxeurs » et les moto-taximen. C’est dire combien la tache du comité de sélection sera difficile.

Transparence et manœuvres

Face à la promesse d’emplois Les manœuvres ont commencé. Que ce soit de la part des jeunes ou de celle des notables, on négocie pour avoir un nombre important de places dans sa région. Pourtant, lors du conseil de cabinet du 23 février dernier, le premier ministre Philémon Yang a déclaré que « les opérations de recrutement s’effectueront conformément au sacro saint principe de l’égal accès de tous aux emplois publics et son corollaire qu’est le mérite. » Mais on se demande comment se fera l’égal accès de tous à ces emplois et surtout comment est-ce que le mérite sera pris en compte ? En effet, l’arrêté du ministre de la Fonction publique signé le 4 octobre 1982 et encore en vigueur « fixe les quotas de places réservées aux originaires de chaque province ainsi qu’aux anciens militaires sans discrimination d’origine aux concours administratifs d’entrée aux différentes catégories de la Fonction publique et aux concours donnant accès aux établissements nationaux de formations. » Il est donc clair que les ressortissants de certaines régions ont plus de chance d’être recrutés que ceux d’autres régions, car ce texte dit clairement que les quotas existent. Ces quotas existent même lors des concours d’entrée dans les grandes écoles et autres concours administratifs au Cameroun. Le mérite n’est pas toujours primé 100%.

Selon l’hebdomadaire « Repères », sur la base de ce texte, la répartition des 25 000 emplois pourrait correspondre à 7 500 postes à attribuer aux ressortissants des trois régions septentrionales, 3 750 places pour le Centre, 1000 places chacune des régions Sud et de l’Est, 3000 postes pour le Littoral, 3 250 places pour l’Ouest et 2000 places le Sud-ouest. Cette répartition commence déjà à faire grincer les dents. Quand on sait que ces jeunes diplômés seront issus de trois ordres de formation, le primaire, le secondaire et universitaire, et que le Cameroun compte 8 universités d’Etat et de nombreux instituts professionnel de l’enseignement supérieur dans l’ensemble du triangle national.